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Les enfants, cobayes de fabricants de jouets et victimes des tablettes ?

Lettres numériques - 23.12.2013

Lecture numérique - Applications - marché de la jeunesse - applications - prise d'otage de Fisher Price


Que les enfants servent d'otages innocents à des vendeurs de produits plus ou moins bienveillants, voilà qui n'est pas vraiment original. Mais on peut tout de même se gratter la tempe de perplexité en découvrant les moyens et l'ingéniosité déployés par des sociétés pour intégrer à leur univers les dernières innovations technologies - tablettes et autres écrans en ligne de mire...

 

Avec Lettres numériques 

 

 

 

 

 

 

À l'approche des vacances de Noël, j'ai décidé de vous proposer une petite série d'applications pour enfants sympas, éducatives et ludiques. Néanmoins, depuis quelques jours, une info que j'ai vue passer me chiffonne quelque peu. Je suis en effet quelqu'un de convaincu que les tablettes peuvent constituer un plus pour les enfants. J'ai deux exemples à la maison de vrais Digital Natives qui semblent être psychologiquement équilibrés même s'ils manient les tablettes et autres smartphones depuis qu'ils ont moins d'un an. Toutefois, il y a des choses qui réussissent encore à me choquer dans le domaine. Je veux parler de ceci :

 

 

 

Ceci est la toute dernière fausse bonne idée de Fisher Price, un transat pour bébé (et donc aussi pour nouveaux-nés) équipé d'un socle permettant d'accueillir un iPad.

 

En quelques heures, les réseaux sociaux se sont déchaînés et une pétition a été lancée pour que la filiale du géant Mattel retire son transat du marché. Celle-ci a déjà recueilli plus de 12 000 signatures. Devant la polémique, Fisher Price s'est contenté de préciser à ses clients : « Nous recommandons aux parents qui choisissent d'exposer leurs enfants aux médias électroniques de limiter le temps, de faire des pauses, de surveiller leurs enfants, et d'interagir avec eux. » Dans la foulée, un autre produit tout aussi douteux a profité de la polémique, il s'agit du CTA Digital 2-in-1 iPotty with Activity Seat for iPad »

 

 

 

On est tout à fait d'accord avec le principe de base et avec l'idée qu'exposer un bébé (voire un nouveau-né) à un iPad est une réelle mauvaise idée et peut sûrement (les spécialistes ne cessent de le répéter) entraîner de lourdes conséquences. Et je suis sûre de ne pas avoir été la seule à penser à ça :

 

(image tirée du film Wall-E de Pixar)

 

Néanmoins, je pense qu'il ne faut pas tout mélanger. Proposer à nos enfants des applications avec lesquelles ils peuvent s'amuser et ce dès le moment où ils sont capables eux-mêmes de comprendre le principe de l'iPad ne fera pas de nous de mauvais parents. J'en veux pour preuve le rapport que l'Académie des sciences (France) a remis en janvier dernier aux ministres de la Santé et de l'Éducation nationale intitulé « L'enfant et les écrans ».

 

Ce rapport, s'appuyant sur les données les plus récentes de la neurobiologie, des sciences cognitives et de la psychologie comportementale, souligne le rôle que les parents, les enseignants, les médecins généralistes et les pédiatres ont à jouer avec le numérique. Il est primordial que ce soit eux qui apprennent aux enfants à prendre de la distance avec le virtuel et à s'autoréguler. « L'initiation aux outils numériques doit ainsi être progressive, en tenant compte de la maturation cérébrale et des capacités cognitives de l'enfant mais aussi du type d'écran », souligne Olivier Houdé, professeur de psychologie à l'université Paris-Descartes.

 

Dans ces conditions, la rencontre avec le monde numérique peut commencer avant 2 ans. À cet âge, « les tablettes visuelles et tactiles peuvent contribuer à l'éveil cognitif précoce du bébé », souligne le rapport, précisant que cet usage ludique doit être accompagné par les parents, grands-parents ou enfants plus âgés. Le rapport précise également que la télévision ne répond pas aux mêmes critères puisque devant elle, l'enfant reste passif.

 

En conclusion, hors de question donc de « parquer » bébé dans son transat avec des œillères et une vidéo à 5 cm du nez mais télécharger une application avec laquelle nos petiots pourront s'amuser et apprendre ne fera pas de nous de mauvais parents.

 

Voici donc une sélection d'applications sympas :

 

1. Les jeux du livre des bruits de Soledad Bravi

 

 

 

La réputation du Livre des bruits de Soledad Bravi n'est plus à faire, ce petit album carré cartonné présentant en vis-à-vis un dessin et l'onomatopée la plus proche du dessin connaît un grand succès chez les enfants de 6 mois à 5 ans. Fort du succès de l'album, l'école des loisirs s'est associée à Europa-Apps pour en créer une application dérivée qui s'intitule « Les jeux du livre des bruits ». On y trouve une partie Memory, un jeu de suite dans lequel il faut reproduire la plus longue suite de sons entendus et la partie musicale du jeu, intitulée « Le rap des bruits ». On y trouve trois ambiances musicales sur lesquelles le lecteur/joueur peut créer lui-même un « rap » à l'aide des différentes onomatopées proposées.

 


Les Jeux du livre des bruits – une application… par Europa-Apps

Existe en Anglais et en Français.

Prix 2, 69 euros

 

2. Pour les plus grands et en guise d'annonce d'un prochain dossier dans Lettres Numériques, un guide touristique pour enfants sur la ville de Paris: Paris, Gérard Dhôtel, ill. Vincent Desplanche, Éditions Nathan.

 

 

Ce guide se présente comme un livre interactif documentaire sur la ville de Paris. La première page ressemble à la place de l'étoile et chaque avenue est représentée par une question : Paris est-elle une ville importante? Quelle est l'histoire de Paris? Tous les quartiers se ressemblent-ils? Connais-tu les Parisiens?  Une application sympa pour les baroudeurs en herbe. À noter que Paris faisait partie des lauréats pour l'obtention des Pépites numériques de Montreuil 2013.

 

Prix: 5,99 euros

 

 

3. Toca Hair Salon Me est une application qui permet de coiffer n'importe quel visage pris en photo. Il suffit de prendre une photo ou d'en choisir une dans un album et on peut devenir un grand coiffeur : on tond, on coupe, on rallonge, on coiffe, on frise, on lisse, on boucle, on met de la couleur, on sèche, on lave, etc. Comme dans les applications de ce genre, il est également possible de changer le fond, d'ajouter des accessoires et d'enregistrer son œuvre ou de l'envoyer.

 

Prix: 2,69 €

Pour enfants de 3 ans et plus.

 

4. Moma Art Lab, une application de créativité qui permet de réaliser des œuvres d'art inspirées d'œuvres célèbres issues des collections du musée d'art moderne de New York. En anglais mais agréable pour toute la famille.

 

 

 

Gratuit
Pour enfants de 4 ans et plus.

Vincianne D'Anna
@DVincia