Les enfants et le sommeil : on ne dort que d'un oeil, l'autre est rivé à un écran

Nicolas Gary - 12.03.2016

Lecture numérique - Usages - écrans sommeil enfants - réseaux sociaux - dormir


Le sommeil des jeunes et leur relation aux écrans interrogent sérieusement les spécialistes de la santé, autant qu’il préoccupe les parents. Les 8-13 ans ont été passés au crible d’une enquête, menée auprès de 600 élèves du CE2 à la 4e. Elle présente quelques éléments marquants, sur le taux de pénétration des appareils mobiles – tout particulièrement les smartphones.

 

 

 

Chez les CM1-CM2, 28 % des élèves ont un portable, dont 60 % un smartphone. Ils sont 17 % à utiliser un réseau social – Snapchat, Instagram, etc. Chez les 6e/4e, le taux de pénétration est de 82 %, avec 83 % des élèves disposant d’un smartphone. Leur présence sur un réseau social est de 38 % pour les 6es et passe à 78 % pour les 4es. 

 

Justine Atlan, directrice de l’association e-Enfance, constate que le rajeunissement des équipements numériques se confirme : plus d’un quart des 9/10 ans sont équipés. Leur portable est un smartphone « pour plus de la moitié d’entre eux. C’est bien l’accès à internet et aux applications de réseaux sociaux et de leurs messageries qui est ainsi rendu possible ». 

 

En effet, 17 % des 9/10 ans sont inscrits quelque part, et plus d’un tiers chez les 6es. Or, le problème vient de ce que ces réseaux sont normalement réservés au plus de 13 ans. « Cette hyper connectivité, liée également aux plateformes vidéo peut être envahissante jusque dans leur sommeil », analyse-t-elle. 

 

Entre le CE2 et le CM 2, 17 % s’endorment après 22 h, alors que l’on recommande de 9 à 11 h pour les 6/13 ans. Or, 20 % des collégiens s’endorment après 23 h. 45% des 8-13 ans ont d'ailleurs mal aux yeux quand ils regardent les écrans le soir.

 

Le Dr Royant-Parola, médecin psychiatre et spécialiste du sommeil estime que le manque de sommeil est globalement constaté. La télévision n’est plus l’unique responsable : ordinateur, jeux sur console et ordinateur, de même que les surfs « sont associés à des éveils et à un sommeil de médiocre qualité », souligne la présidente de l’Association Réseau Morphée.

 

« En effet, la lumière agit directement en augmentant le niveau d’activités et d’éveil et retarde l’endormissement. Les programmes de télévision ou de certains jeux violents ou stimulants peuvent entraîner des tensions, augmenter l’anxiété qui génère à son tour des difficultés d’endormissement. »

 

La moitié des parents des 8/13 ans ne réclament pas le téléphone de leur enfant avant qu’ils ne se couchent. Et 26 % des collégiens le conservent allumé et connecté durant la nuit. 

 

 

via Slideshare

 

 

L’enquête « Le sommeil des jeunes, pays des écrans en veille » a été entièrement réalisée par les 1res STMG du lycée Jeanne d’Arc à Colombes (92), encadrés par deux professionnels et par deux associations : le Réseau Morphée (réseau de santé spécialiste du sommeil) et e-Enfance (sensibilisation des jeunes aux usages des technologies). 

 

600 élèves répondants du CE2 à la 4e ont répondu à un questionnaire par Internet à l’école, du 8 au 17 décembre 2015. 

 

L’étude a été réalisée au sein de l’Institution Jeanne d’Arc, dirigée conjointement par deux chefs d’Établissements, Mme Sylvie Chassang et M. Michel Boissin, qui portent le projet en vue de valoriser une initiative pédagogique et de sensibiliser toute la communauté éducative sur la question du sommeil des jeunes aujourd’hui.