Les enragés de Twitter en proie aux crises cardiaques

Julien Helmlinger - 23.01.2015

Lecture numérique - Usages - Twitter - réseaux sociaux - Santé - crise cardiaque - Etude de corrélation


Twitter tue ? Dans le cadre de leur enquête, des chercheurs de l'Université de Pennsylvanie ont trouvé une corrélation entre la diffusion de tweets hargneux et le taux de maladies cardiaques. Selon les universitaires il s'agirait même d'une importante corrélation, qui ferait du réseau social un meilleur prédicateur de taux en la matière que ne le seraient ceux, combinés, du tabagisme et autres diabète, obésité, niveaux de revenus et d'éducation.

 

taro shiba, looking super fierce*

Taro the Shiba Inu CC BY 2.0

 

 

À ceux qui cumulent les facteurs à risque en vivant dans une zone où réside une majorité de fumeurs, diabétiques, obèses, pauvres à faible niveau d'éducation, on aurait tendance à dire qu'ils ont plus de chance de subir une crise cardiaque. Mais si l'on se fie aux résultats des chercheurs, il serait plus important de s'enquérir du taux de hargne sur leurs réseaux sociaux.

 

Pour parvenir à cette conclusion, les universitaires ont observé les tweets émis depuis environ 1300 comtés américains, des zones connectées recouvrant près de 88% de la population des États-Unis, entre 2009 et 2010. À renfort de filtres comme les thèmes et de leur propre algorithme, ils ont fait leur tri parmi les tweets des cobayes. Les résultats ont alors été comparés avec les données collectées par des centres médicaux de contrôle et de prévention des maladies.

 

Si les chercheurs savaient déjà que des émotions comme l'anxiété ou la colère stimulent la production d'hormones dommageables pour le cœur, leur nouveau verdict est le suivant : dans les zones où s'échangent le plus de messages négatifs, on constate également un taux plus important de décès pour cause de maladie cardiaque. Et inversement dans les zones où les usagers Twitter sont plus positifs.

 

Johannes Eichstaedt, l'auteur principal de l'étude explique : « Jurer, dire "putain" sur Twitter, dénote un comportement assez agressif. Cela donne une idée de l'attitude de ces gens. L'hostilité et la colère sont des sentiments très susceptibles de se propager d'une personne à une autre. Donc même si vous et moi vivions dans le plus beau quartier de New York, et que j'étais très, très en colère, il y a des chances que vous preniez un peu de cette colère vous-même. »

 


Cette auteure présente des risques

 

 

Les détracteurs de l'enquête de corrélation peuvent toujours objecter que l'âge moyen des utilisateurs du réseau social est plus bas que celui de la population, que les décès auraient pu provoquer des tweets colériques, ou autre. Mais l'auteur est convaincu que le taux d'agressivité dans une zone géographique peut constituer un indicateur du stress ambiant. Il souligne ce n'est pas la première fois que Twitter ou d'autres réseaux sociaux servent de la sorte à des études de santé publique.

 

Ainsi, d'autres chercheurs ont pensé à vérifier les pages Wikipédia consultées en certaines régions afin de tenter de prévoir des risques épidémiques...