Les Espagnols piratent autant de livres que de jeux vidéo

Clément Solym - 10.03.2015

Lecture numérique - Législation - Espagne internet - piratage livres numériques - marché produits culturels


Le piratage de contenus culturels en Espagne a connu une augmentation de 58 % en 2014, après une croissance de 51 %, déjà, en 2013. L'Observatorio de la piratería y hábitos de consumo de contenidos digitales, constitué avec les données du cabinet GfK, a été présenté à la Coalición de Creadores e Industrias de Contenidos ce 9 mars. 

 

 

Piratos!

 Kalle Schärlund, CC BY SA 2.0

 

 

Au cours de l'année 2014, 4,455 millions de contenus numériques pour une valeur marchande de 23,265 millions € ont été consultés. Les proportions sont intéressantes : 24 % de musique, 38 % de films, 11 % pour les jeux vidéo et les livres, puis 26 % pour les séries et 18 % pour... le football.

 

Concrètement, souligne l'Observatoire, les consommateurs justifient leur comportement de pirate, parce que 46 % trouvent l'accès plus rapide et plus simple, et 39 % ne sont pas disposés à payer, tout simplement, parce qu'ils ne sont pas certains d'être satisfaits. Pour 19 % des utilisateurs, le piratage n'a aucune incidence, et le même nombre estime qu'il n'a aucun méfait. 

 

En la matière, il est particulièrement intéressant de constater que les jeux vidéo sont autant piratés que les livres. Pour l'année 2014, dans le secteur du livre, la consultation et le téléchargement auraient engendré une perte de 21 millions €, avec 2,68 millions € de valeur marchande piratée. 

 

Si 11 % des ebooks sont piratés, l'accès légal aux ouvrages représente 8 % du marché. Le pirate moyen est un homme entre 16 et 44 ans.

 

L'étude note que la majorité des sites proposant des contenus contrefaits vivent grandement de la publicité, avec des affichages de campagnes qui concernent majoritairement les paris en ligne, à 73 %. Parmi les modèles économiques, on trouve également une certaine variété, puisque désormais, les données personnelles des utilisateurs sont également rentabilisées. 38,4 % des sites proposent un enregistrement. 

 

Pour freiner cette progression, on recommande le blocage des sites internet, ainsi que des campagnes de sensibilisation, par la publicité, sur les sites pirates. (via Eldia