Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Les évolutions des métiers de la chaîne du livre

Xavier S. Thomann - 26.03.2013

Lecture numérique - Acteurs numériques - Fnac - Kobo - Libraires indépendants


La scène numérique du Salon du Livre aura vu quelques tables rondes essentielles. Comme son nom l'indique, la scène a réuni quelques-uns des acteurs clefs du livre numérique. Alors que tout le monde (ou presque) commence à prendre conscience des enjeux du livre numérique, les débats avaient toute leur pertinence. Les rôles des libraires, des éditeurs et des auteurs au sein de cette équation, qui n'a pas encore trouvé toute sa stabilité, a fait l'objet d'un débat. 

 

 

Parmi les intervenants, on trouvait Leonard Anthony, de la maison d'édition Versilio, qui a fait une belle percée dans le numérique. Pour cet entrepreneur, le livre numérique, ce n'est pas seulement faire des ebooks homothétiques, qui reproduisent au format ePub le livre papier. Il y a d'autres données à prendre en compte, ce à quoi nous ne pouvons qu'acquiescer. 

 

Il explique que Virilio a « intégré la question du numérique dans toutes ses étapes », tant au niveau de la diffusion que de la création. Une stratégie qui semble porter ses fruits. Il a également mis l'accent sur la « sensibilisation des auteurs à la révolution numérique », l'un des principes de la maison Virilio. 

 

De nouvelles manières de promouvoir le livre

 

La parole est ensuite passée à Élodie Perthuisot, directrice du livre à la Fnac. La Fnac qui est devenue un acteur du livre numérique grâce à son site internet, mais surtout à son partenariat avec Kobo. Selon elle, le livre numérique modifie les anciennes façons de promouvoir le livre. On ne peut plus faire de la communication comme avant. 

 

L'environnement numérique offre en effet la possibilité de mettre en place une plus grande interaction entre l'auteur et le lecteur. Léonoard Anthony a lui aussi insisté sur ce point en présentant des exemples de certaines campagnes de promotion qui utilisent au mieux les potentialités offertes par les réseaux sociaux. Mme Perthuisot a eu raison de rappeler à cet égard que « les lecteurs attendent de nouveaux modes de promotion. » 

 

Micheal Tamblyn (au centre) 

 

Cette relation plus directe et plus riche avec le lecteur-client, Michael Tamblyn de Nook l'a logiquement mise en avant lui aussi. Les libraires savent mieux ce que veulent leurs clients, et ce grâce au numérique. Mais le numérique n'empêche pas le libraire de conserver son rôle traditionnel de prescripteur. Bien au contraire. 

 

« Il ne s'agit pas seulement de mettre des livres en vitrine, le libraire est celui qui sait parler à ses clients », explique-t-il. Un mot d'ordre : « vendre le bon livre au bon client ». Ce qui devrait permettre, selon lui, aux libraires indépendants de tirer leur épingle du jeu, en mettant) profit leur expertise. 

 

Réinventer la place des éditeurs et des libraires 

 

Cette volonté de ne pas abolir l'ordre ancien du livre au profit d'un nouvel ordre numérique, on la retrouve aussi dans le discours de la Fnac. Mme Perthuisot a tenu à rappeler que la Fnac avait une « vision du livre qui intègre le livre physique et le livre numérique. » De plus, il ne s'agit pas de « supprimer le mode de lecture classique, il faut simplement donner accès à un autre niveau. » 

 

Une amélioration qui passe, on l'aura compris, par une amélioration du rôle de prescription, en profitant des avantages du numérique. 

 

Enfin, Michael Tamblyn a quant à lui mis le doigt sur l'un des phénomènes les plus intéressants concernant cette évolution numérique. Avec l'essor de l'auto-édition, la question principale pour l'auteur d'un livre n'est plus de savoir s'il sera publié ou pas, mais de « savoir comment trouver des lecteurs. » De ce fait, « l'éditeur a un nouveau rôle » dans cette équation du numérique. De même, le métier de libraire est en train d'évoluer. 

 

Du coup, on est en droit de se demander si tous les acteurs français ont bien compris cette nouvelle donne. Au fur et à mesure que les auteurs pourront se passer d'un éditeur, ces derniers vont devoir se réinventer pour conserver leur place. Espérons que l'on message soit passé.