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Les Free Reading Zones, bibliothèque virtuelles partout et pour tous

Nicolas Gary - 09.09.2017

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Mirela Roncevic est auteure, éditrice, et directrice de l’initiative No Shelf Required. Ce portail concentre depuis des années des contenus numériques autour du livre, de l’édition et de la lecture. Sa fondatrice a récemment initié, dans la continuité de ce modèle de partage, le Free Reading Zone Project — un système de bibliothèque virtuelle, gratuite.

 


via No Shelf Required

 

Lancé en décembre 2016, le projet FRZP est parti de Croatie, aboutissant à la création d’une bibliothèque contenant 100 000 titres numériques, gratuitement disponibles au téléchargement. Aucune carte ni aucun code n’est nécessaire pour profiter de cette collection. 

 

L’objectif était simple : transformer un pays en une zone de lecture globale, et par la suite, d’exporter ce principe pour le démocratiser, en collaboration avec plusieurs éditeurs, entreprises technologiques et sponsors tant gouvernementaux que privés. En réalité, l’internationaliser…
 

Depuis le lancement de décembre, Mirela Roncevic a profité du succès de sa zone de lecture en Croatie, pour réaliser des interviews et des conférences publiques. L’évangélisation ne se fera pas d’elle-même, et le projet a tout de même un potentiel culturel et pédagogique fantastique. 

 

L’intention de la Free Zone reste de capitaliser sur l’accessibilité des livres numériques — et des contenus dématérialisés, plus généralement — pour mettre à portée de main de tous un savoir égal. Dans le même, temps, il s’agit de créer de nouvelles opportunités pour tout l’écosystème du livre, des bibliothécaires aux auteurs.
 

 

Propager la Bonne Parole, en commençant par les bibliothécaires


Ainsi, en octobre, c’est au Brésil que les zones de lecture gratuites seront évoquées. Le séminaire international dédié aux bibliothèques — Bibioteca Viva, du 23 au 25 octobre — qui se déroule à Sao Paulo, donnera en effet l’opportunité de présenter plus largement le mode de fonctionnement.

 

Le séminaire intitulé servira aussi d'occasion pour présenter des résultats d’études menées par l’American Library Association, sur les zones gratuites de lecture. Quatre chapitres sont consacrés au seul projet corate. Et Mirela Roncevic y détaille précisément le potentiel de transformation pour les sociétés et d’enrichissement pour les individus, que ses bibliothèques virtuelles impliquent. 
 

Biblissima, un portail pour le patrimoine écrit du Moyen Âge et de la Renaissance


Le tout en structurant de nouvelles conditions, largement améliorées pour diffuser des livres, encourager l’alphabétisation et dépasser les clivages socioéconomiques qui peuvent se poser comme des obstacles pour les personnes les moins favorisées. Piloté par No Shelf Required, le projet croate fut mené en coopération avec une équipe réunissant Américains, Israëliens et Croates. 

 

Dans le pays, l’accès aux ouvrages se fait via une application de lecture, Croatia Read, développée par Total Bookx, service d’ebooks connu des éditeurs et des bibliothécaires. Ce dernier propose un modèle pay-as-you-read, à travers un modèle économique plus vertueux pour chacun. 
 

Un nouveau chapitre pour les médias numériques

 

Les Free Reading Zone, ou FREZ, est « une invitation largement ouverte à chacun, de suivre ses passions et sa curiosité, où que l’on soit, et sans frais ni limites. Il ne s’agit pas simplement d’économiser de l’argent. Il s’agit de faire connaître la culture et les connaissances, d’en finir avec la fracture numérique et de permettre aux gens de profiter des fruits de la révolution numérique », assure Mirela Roncevic. 
 

Les plus belles bibliothèques du monde recréées en réalité virtuelle


Chaque espace FREZ peut en effet être parrainé, donc financé, par des institutions publiques comme privées, et se retrouver associés à des lieux spécifiques.

Les FREZ représentent alors des hot-spot de connexion à un patrimoine littéraire — le WiFi culturel à portée de tous. « Nous avons entamé le nouveau chapitre dans l’histoire du livre : celui où le potentiel du média numérique est finalement utilisé pour propager les connaissances », conclut-elle.

 

Qui a dit qu’on ne pouvait plus changer le monde ?