Les indépendants représentent un quart des ventes Kindle en 2012

Clément Solym - 05.12.2013

Lecture numérique - Acteurs numériques - Kindle Direct Publishing - autoédition - chiffre d'affaires


Aux États-Unis, un quart des ventes de livres numériques est réalisé par des éditeurs indépendants. Un chiffre avancé par la firme Amazon, à l'occasion d'une présentation commerciale, pour montrer combien les auteurs autoédités et les maisons indés représentent désormais une force indéniable - et un atout commercial de grande envergure. 

 

 

 

 

 

Durant l'année 2012, 25 des 100 meilleures ventes découlaient donc des indépendants - auteurs comme éditeurs. « Ce chiffre fait référence à des livres Kindle sur Amazon.com, durant l'année 2012, et le terme indé désigne des livres autoédités via la plateforme Kindle Direct Publishing. » Or, cet outil est tout aussi bien utilisé par les auteurs que certains éditeurs. 

 

Pour le Guardian, il s'agit là d'un bon indicateur concernant le devenir du marché britannique - aujourd'hui, le décalage entre la réalité américaine et celle de nos voisins d'outre-Manche n'est finalement qu'une question de temps, considère Orna Ross, directrice de l'Alliance of Independent Authors. « Nous sommes au coeur d'un changement majeur. Je ne serais pas du tout étonnée si nous arrivions dans une situation où la majorité des livres viendront d'auteurs autoédités. Je ne vois pas ce qui pourrait l'empêcher. »

 

L'écrivain Hugh Howey, qui compte parmi les véritables phénomènes de l'édition indépendante, a rapidement réagi sur Twitter 

 

 

 

 

 

Le décollage du marché, outre-Manche, remonterait à juillet 2011, estime Paul Pilkington, enseignant universitaire britannique, qui s'est lancé à cette époque avec deux ouvrages. À l'époque, il ne pensait pas à autre chose qu'un moyen pour vendre ses livres, et n'avait pas idée que l'on peut lui proposer un contrat d'édition. Or, entre temps, les agents ont repéré ses beaux succès et se sont rapprochés de lui - il avait choisi de proposer un premier ouvrage gratuitement, puis vendu à 150.000 exemplaires ses deux titres.

 

Richard Mollet, directeur général de la Publishers Association, souligne d'ailleurs ce mouvement. « Il est à noter que très souvent, ces auteurs qui trouvent un succès premier dans l'autoédition, travaillent par la suite avec les éditeurs, qui portent leur carrière d'écrivain vers un autre niveau. » Il n'empêche que les maisons sont alors contraintes de courir derrière un train qui est en marche. 

 

Or, depuis les premiers temps, Amazon a pris soin de ne pas ghéttoïser les auteurs et éditeurs indépendants, leur accordant une large place, et s'appuyant sur leurs oeuvres pour promouvoir la qualité de son service Kindle. Si les éditeurs traditionnels trouvent de quoi enrichir leurs catalogues, c'est désormais en lorgnant sur ces ventes qu'ils puisent des sources d'inspiration. Que ce soit avec Kindle Direct Publishing, ou CreateSpace, son outil d'impression à la demande, la firme a donné tous les éléments aux auteurs pour qu'ils puissent développer leur canal de vente. 

 

A ce jour, CreateSpace serait en tête dans la production de livres imprimés aux États-Unis, avec 131.460 numéros ISBN enregistrés durant l'année 2012, soit une croissance de 123 % et de 3300 % par rapport à 2007, selon les données de l'agence Bowker.