Les majors japonais lancent un manga contre le piratage musical

Clément Solym - 17.08.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - musique - téléchargement - japon


On avait connu le mythique Dédé-ça-va-couper (voir vidéo en fin). Sous des airs de fausse propagande, le gendarme du web expliquait avec humour les terribles représailles encourues par les pirates. Un bon coup de pince monseigneur dans ta fibre optique petit téléchargeur compulsif. Plus grinçants, les messages et vidéos en saccade associant téléchargement et vol à l'étalage. Allons, allons,

 

À l'heure où Hadopi n'a toujours pas fait les preuves de son action, les Japonais sortent la grosse artillerie. Sous la forme d'un manga, l'association des labels musicaux japonais (JAME) a lancé une brigade des mœurs pour sensibiliser les internautes à leur cause. Vrais redresseurs de tort les « gardiens moraux de la musique », nom du manga, s'affairent à écrouer les accros du téléchargement. Entre révolution iranienne et Judge Dredd.

  

De facture classique, le manga situe son action en 2035 autour du trio formé par un guitariste, un petit génie d'avocat mélomane et un lycéen. Tout ce petit monde se lance dans la traque d'un internaute aimant un peu trop la musique au format numérique. Lancée dans une propagande de « moralisme musical » d'envergure, la JAME communique sur la pénalisation récente du téléchargement illégal.

 

 

 

 

Dans l'archipel, la cleptomanie numérique pourra être sanctionnée à partir du mois d'octobre d'une peine de prison, jusqu'à deux ans, ou d'amendes pouvant atteindre l'équivalent de 20.500 euros. Pleinement engagés dans ce combat, les gardiens, à ne pas confondre avec les Watchmen ne sont pas en reste, et tapent fort.

 

Dans le manga, l'escouade moralisatrice arrive à coffrer la jeune pirate qui s'estime dans son bon droit. Le groupe de musicien qu'elle télécharge n'a pu sortir son album, le label a fait banqueroute avant. Qu'importe, l'équation est gravée dans le marbre : un téléchargement équivaut à un album non vendu. On s'interroge quand même sur la pertinence de ce coffrage de la brigade qui rappelle un argumentaire contestable des industriels du secteur.

 

Curieusement, c'est l'artiste du groupe privé de publicité et de communauté de fans qui sermonne l'inculpée. C'est beau l'abnégation. Pas sûr que les groupes qui végètent sur le net en attente d'un coup de projecteur approuvent.

 

Découvrir le manga traduit en anglais