Les majors pourraient lutter contre le piratage... illégalement

Clément Solym - 21.05.2012

Lecture numérique - Législation - BitTorrent - piratage - échange de fichiers


La lutte contre le piratage, motivée par la protection des droits d'auteur, prend décidément toutes les formes. Même les plus inattendues : la Poland's Computer Emergency Response Team (CERT, une équipe qui veille sur les libertés individuelles des internautes) a révélé une masse de programmes indésirables postés sur le réseau de partages de fichiers BitTorrent. Et ces menaces pourraient provenir de start-ups réparties sur la planète, dont les liens avec les différentes majors sont avérés.

 

Les torrents infectés proviendraient majoritairement de Russie, du Canada, de Chine, d'Australie et des États-Unis : tous proposent des films russes en téléchargement gratuit, mais contiennent en fait des fichiers infectieux, délétère pour toute machine sur laquelle ils sont téléchargés. 

 

Les sources des fichiers infectieux, cartographiées par le CERT

 

Une des sociétés identifiées par le CERT comme source de ces torrents malveillants répond au nom d'ICM (pour Internet Copyright Management), une start-up présentée comme un moyen de protection de la version russe de films nationaux ou internationaux. Même si le CERT reste prudent dans ses accusations, ce sont précisément ces sociétés anti-piratage qui sont dans son viseur.

 

Une autre, dénommée Pirate Pay (!), a reçu un soutien financier, à hauteur de 100.000 $, par Microsoft : de quoi s'interroger sur l'impartialité, et la légalité, de ses start-ups de protection qui fleurissent actuellement en Russie, pays classé par Freedom House 22e (sur 38 pays) pour la liberté des internautes en 2011.

 

« Il y a au moins un groupe d'intérêt qui pourrait bénéficier d'un empoisonnement des réseaux torrent, et il est facile à identifier : les sociétés multimédias et leurs sous-traitants. La conduite de ce genre de campagne par ces institutions ne serait d'ailleurs pas un précédent. Il est également possible que le trafic généré soit utilisé pour cartographier le réseau BitTorrent et pour collecter des données, dans l'optique d'une utilisation ultérieure » prévient encore le CERT.

 

Se référant aux textes de loi américain, européen et polonais, le CERT identifie ces attaques comme illégales, parce que menaçant la cybersécurité. Si les sources sont avérées comme étant ces start-ups de protection, celles-ci seront donc hors-la-loi, et les mécènes pourraient être trempés par des eaux plutôt troubles. 

 

 

Mise à jour 24/05/2012, à 14:16 :

La société ICM (Internet Copyright Management) a contacté ActuaLitté par mail, et nous publions donc l'intégralité de leur message

 

« L'article indique que le CERT polonais a conclu qu'Internet Copyright Management, tout en protégeant le copyright, diffusait des programmes malveillants sur les réseaux P2P (torrents). Nous avons contacté le CERT qui nous a informé qu'aucune conclusion de la sorte n'avait été formulée.


Nous serions par conséquent ravis de savoir comment vous parvenez à cette conclusion, sachant que nous n'avons jamais tenté ou même imaginé diffuser des programmes malveillants via des torrents. De plus, nous n'estimons pas que notre société est une « start-up ». Nous sommes sur le marché depuis plus de 4 ans, et les informations que vous avez consultées pour l'écriture de votre article semblent quelque peu « dépassées ».




Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.