Les méfaits des DRM, il faudra que le gouvernement américain les comprenne

Clément Solym - 30.03.2016

Lecture numérique - Usages - campagne gouvernement - lobbying DRM - EFF ebooks


Musique, films, ebooks, jeux vidéo : pour tous ces produits dématérialisés, la gestion des droits numériques peut poser problème. L’agence Electronic Frontier Foundation souhaite mettre un grand coup de pied dans la fourmilière et part à la défense des droits des consommateurs. Ça ne fait jamais de mal. Une campagne de lobbying est sur le point d’émerger, et la promesse est que le gouvernement américain va en entendre parler, garantit l’EFF. 

 

 

 

« Nous préparons une pétition adressée à une agence gouvernementale sur les pratiques d’étiquetage pour les appareils, produits et services contenant des DRM restrictifs », explique l’EFF. Les DRM sont l’un des grands chevaux de bataille de l’organisation, d’autant plus que cette solution de protection se propage progressivement à l’Internet des objets. 

 

Pour exemple, des voitures, des stimulants cardiaques et bien d’autres appareils se retrouvent avec une restriction d’usage calquée sur le modèle du DRM. « Nous estimons que cela relève d’une extension abusive du droit d’auteur et que la loi se doit de protéger les entreprises et les individus qui éliminent les verrous numériques dans un contexte légitime », poursuit le message.

 

Pour convaincre le gouvernement du bien-fondé de son action, l’EFF en appelle alors aux témoignages de chacun. « Peut-être avez-vous acheté un ebook, pensant que vous pourriez le lire avec un appareil concurrent, ou un jeu dont vous avez cru pouvoir y jouer sur la console d’un ami », et ainsi de suite.

 

Concrètement, l’EFF souhaite bénéficier des mauvaises expériences d’un large panel de clients, pour s'assurer que le combat contre les DRM soit bien mené. Et cela ne concerne pas strictement les biens culturels dématérialisés : en fait, plus l’expérience a été catastrophique, mieux cela servira leur propos

 

Dans l'ebook, LCP reste très attendue

 

En matière de DRM, le travail réalisé par le consortium Readium autour de LCP, le modèle de DRM light, pourrait apporter de nouvelles solutions dans la protection, mais surtout pour le confort des utilisateurs. La DRM CARE devrait être la première pierre industrielle allant dans le sens d’une plus grande simplicité d’usage. 

 

Un verrou numérique, censé protéger les fichiers sans contraindre l’utilisateur à des procédures lourdes. Pour un libraire, CARE permet notamment de multiplier par 4 le taux des réachats sur les fichiers protégés.

 

Pour résumer, l’objectif de ce travail sur le DRM est d’obtenir une facilité d’accès et de lecture des livres numériques rarement atteinte, nécessitant simplement la création d’un unique mot de passe, celui du compte client, pour ouvrir ses ebooks. Par ailleurs, les fichiers sont interopérables, et seulement limités par les restrictions qu’imposent les ayants droit – le nombre de machines maximum.

 

Mais la simplicité d’accès est bien là, au point de concurrencer l’ergonomie des systèmes propriétaires du type Amazon.