Les pertes d'Amazon finiraient par lasser ses investisseurs

Julien Helmlinger - 24.10.2014

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La firme de Jeff Bezos vient de faire état de ses résultats financiers du troisième trimestre, et malgré des ventes nettes en augmentation de 20 %, ce jeudi à Wall Street la valeur du détaillant en ligne a dégringolé de 0,95 $ par action. Pour cause, les pertes nettes d'Amazon, à hauteur de 347 millions de dollars, un record pour la société, ont dépassé les estimations. Les revenus des ventes trimestriels ont quant à eux progressé de 17,09 milliards $ à 20,58 milliards $ d'une année sur l'autre. Le PDG continue de tabler sur le temps fort que promet la période des fêtes de fin d'année.

 

 

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Pour Noël on tire une carte Chance - cc by 2.0 par Daniel Broche

 

 

Ainsi, la Bourse a enregistré une chute de 10 % du cours de l'action dans les échanges électroniques suivant la clôture de la séance officielle à Wall Street. Depuis le début de l'année 2014, globalement, l'action du guépard du livre aura perdu 20 % de sa valeur. Si généralement l'augmentation du chiffre d'affaires permet au géant de rassurer ses actionnaires, donnant aux pertes des airs d'investissement à long terme en vue d'une future position dominante, ce record de pertes semble nuire au climat de confiance.

 

Les analystes ont été déçus à plusieurs niveaux. En premier lieu, ceux-ci s'attendaient à une baisse de 0,76 $ plutôt que 0,95 par action. Mais par ailleurs, en termes de revenus, la hausse annoncée de 20 %, pour un résultat trimestriel de 20,58 milliards $, est également en dessous des prévisions. En un an, les pertes ont été multipliées par 10. À mesure des acquisitions et nouveaux services, l'argent sort de plus en plus vite. En proportion, l'augmentation du chiffre d'affaires reste de moindre importance.

 

La période des fêtes de fin d'année est généralement celle qui permet à la firme de faire rentrer le plus d'argent dans ses caisses. Et cette année, comme le rappelle Jeff Bezos, la firme a investi ses billes pour garantir un meilleur service client, notamment à renfort de nouveaux entrepôts destinés à éviter de voir son service de livraison dépassé par un éventuel pic de la demande des consommateurs.

 

Le directeur financier d'Amazon, Tom Szkutak, a fait état d'une croissance en termes de locations de manuels scolaires, par opposition aux ventes, et invoqué les tarifications discount sur les livres, pour expliquer cette balance financière trimestrielle. Lui aussi rappelle que la stratégie reste la maximisation des flux de trésorerie à long terme, plutôt que l'accent sur les marges individuelles. En somme, pas de changement de cap à l'horizon proche.

 

Mais l'on pourrait également imaginer, pour expliquer la déception sur le terrain du chiffre d'affaires, que le conflit avec Hachette Book Group aura probablement favorisé les ventes de livres de la gamme Kindle plutôt que celles des bouquins au format papier. Et peut-être détourné certains clients ?