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Les Pirate Box à l'abordage, la liberté d'expression entre les dents

Antoine Oury - 02.06.2014

Lecture numérique - Usages - Pirate Box - bibliothèques - David Darts


Il n'y a pas qu'Internet pour s'échanger des contenus culturels : si le passage de main à main fonctionne encore très bien, un petit outil apparu en 2012 permet de mettre sur pied son propre réseau d'échange de fichiers. Les Pirates Box, dans une version simplifiée et plus efficace, sont de retour, avec de solides arguments de leur côté : la garantie que le réseau ne sera pas surveillé, particulièrement par la tristement célèbre NSA...

 


La Pirate Box, maintenant en version mobile

 

 

Si le système a fait son apparition, il y a deux ans déjà, la version 1.0 vient seulement d'être finalisée, annonce David Darts, le créateur de la Pirate Box. Le petit appareil permet de mettre en place un réseau sans fil local, auquel peuvent se connecter différents appareils, des ordinateurs aux mobiles. Pour 35 $, une organisation ou une institution peut se créer un réseau personnel, entièrement sécurisé.

 

Ce dernier argument est devenu l'un des plus importants pour David Darts : les révélations d'Edward Snowden concernant la NSA et la surveillance de masse du réseau Internet ont relancé le débat sur la confidentialité, la vie privée et la liberté d'expression sur le Web. Pour le moment, la Box fonctionne de manière autonome, sans possibilité de servir de routeur Internet, mais la communauté fédérée autour du projet travaille à cette fonctionnalité.

 

Les Pirates Box ont été adoptées par les bibliothécaires et d'autres représentants des métiers de l'information et de l'éducation : « Des musiciens et des groupes l'ont utilisé pour distribuer leur musique à des concerts ou des festivals, par des enseignants pour collecter ou distribuer des contenus numériques à leurs élèves, et par des équipes de secours ou des bénévoles pour diffuser des informations dans des cas d'urgence », énumère David Darts auprès de Torrent Freak.

 

Autant d'usages que le créateur, et le développeur en chef Matthias Strubel, n'avaient pas anticipé : la Library Box avait fait son apparition dès 2012. cette version modifiée de la Pirate Box permettait aux bibliothécaires de déposer des fichiers en accès libre sur le réseau, sans pour autant permettre aux usagers de les modifier ou de déposer eux-mêmes des fichiers. Une certaine garantie de sécurité face aux risques de virus ou de partages illégaux, à ne pas négliger tout de même.