Suite à l’invention du web en 1990, bien avant que les bibliothèques physiques débutent leurs bibliothèques numériques, on voit l’apparition de collections numériques en accès libre et gratuit saisies ligne après ligne sur un clavier d’ordinateur à partir de livres imprimés.


Copyright Denis Renard
 

La plupart s’inspirent du Projet Gutenberg, une vaste collection de livres du domaine public créée en 1971 par Michael Hart, étudiant à l’Université de l’Illinois (États-Unis), et qui prend son essor au début des années 1990.
 

Le Projekt Runeberg en Suède


La première collection numérique nordique (scandinave) est le Projekt Runeberg, affilié au Projet Gutenberg. Le Projekt Runeberg est lancé en décembre 1992 par Lysator, un club informatique d’étudiants, en collaboration avec la bibliothèque de l’Université de Linkoping (Suède), pour produire et organiser des versions électroniques gratuites de la littérature classique nordique. 200 œuvres sont disponibles en 1998, avec une liste de 6.000 auteurs nordiques en tant qu’outil de développement des collections.
 

Le Projekt Gutenberg-DE en Allemagne


La première collection numérique allemande est le Projekt Gutenberg-DE, lui aussi affilié au Projet Gutenberg. Le Projekt Gutenberg-DE est lancé en 1994 dans le même esprit pour offrir des versions électroniques gratuites de la littérature classique allemande. Plusieurs dizaines d’œuvres sont disponibles en ligne en 1998, avec une page web pour les œuvres courtes et plusieurs pages (une par chapitre) pour les œuvres plus longues. Le site propose aussi une liste alphabétique d’auteurs et de titres, ainsi qu’une courte biographie et une bibliographie pour chaque auteur.
 

ABU-La bibliothèque universelle en France


La première collection numérique française est ABU-La bibliothèque universelle, lancée en avril 1993 à l’initiative de l’Association des bibliophiles universels (ABU) et hébergée par le Centre d’études et de recherche informatique (CEDRIC) du Conservatoire des arts et métiers (CNAM) de Paris. Le terme ABU est inspiré d’Aboulafia, petit ordinateur présent dans Le pendule de Foucault , un roman d’Umberto Eco dont l’intrigue se situe justement au CNAM.

Quant au nom de l’association, « au départ, il s’agissait de biblioFiles universels, et non de biblioPHiles, mais la préfecture de Paris n’a pas semblé saisir tout le sel de ce néologisme », explique l’ABU sur son site. La bibliothèque permet l’accès libre au texte intégral d’œuvres du domaine public soit, en chiffres, 223 œuvres de 76 auteurs en 1998 et 288 œuvres de 101 auteurs en 2002.
 

Athena en Suisse


La première collection numérique suisse est Athena, créée en 1994 par Pierre Perroud, professeur au collège Voltaire de Genève, et hébergée sur le site de l’Université de Genève. En décembre 1997, le site bilingue français-anglais propose à la fois des œuvres numérisées par Athena (200 œuvres depuis 1994) et des liens vers des œuvres en accès libre sur le web dans des domaines aussi variés que la philosophie, les sciences, la période classique, la littérature, l’histoire ou l’économie, soit 3.500 titres dans plusieurs langues en décembre 1997 et 8.000 titres un an plus tard.

Un des objectifs d’Athena est de mettre en ligne des livres d’auteurs francophones et des livres d’auteurs suisses puisque Genève est la capitale de la Suisse francophone. Athena propose aussi un répertoire mondial de ressources littéraires en ligne.

Pierre Perroud insiste en février 1997 dans un article de la revue suisse Informatique — Informations sur la complémentarité du texte électronique et du livre imprimé. Selon lui, le texte électronique encourage la lecture et la diffusion de la culture, et il est donc un bon complément du livre imprimé, qui reste irremplaçable lorsqu’il s’agit de lire.

Le livre imprimé reste « un compagnon mystérieusement sacré vers lequel convergent de profonds symboles : on le serre dans la main, on le porte contre soi, on le regarde avec admiration ; sa petitesse nous rassure autant que son contenu nous impressionne ; sa fragilité renferme une densité qui nous fascine ; comme l’homme il craint l’eau et le feu, mais il a le pouvoir de mettre la pensée de celui-là à l’abri du Temps. »
 

Le Progetto Manuzio en Italie


La première collection numérique italienne est le Progetto Manuzio, créé en 1995 par Liber Liber, une association promouvant l’expression créatrice artistique et intellectuelle, et utilisant les technologies informatiques pour lier les humanités aux sciences. Le nom du projet est inspiré du nom d’un éditeur vénitien du 16e siècle connu pour avoir amélioré les techniques d’impression inventées par Gutenberg.

Comme indiqué sur le site, le Progetto Manuzio veut « rendre une noble idée réelle : l’idée de mettre la culture à la disposition de tous. Comment ? En mettant des livres, thèses, articles, œuvres de fiction ou tout autre document numérisable à la disposition du monde entier, à n’importe quel moment, et gratuitement. Par le biais d’un modem et de disquettes (dans ce cas, en ajoutant le coût d’une disquette vierge et des frais postaux), il est déjà possible d’obtenir des centaines de livres. Et le Progetto Manuzio n’a besoin que de quelques personnes pour mettre un chef-d’œuvre tel que La Divine Comédie de Dante à la disposition de millions de gens. »

Source : La saga du web multilingue


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