Les rayonnements térahertz numérisent un livre sans même l'ouvrir

Clément Solym - 13.09.2016

Lecture numérique - Usages - livre ancien couverture - scientifiques scanner ouvrage - OCR manuscrits numérisation


Les chercheurs du MIT, Massachusetts Institute of Technology, ont trouvé une solution de numérisation révolutionnaire. Parce qu’un livre ne se change pas en octets aussi simplement qu’un CD, cela nécessite toutefois un peu de travail.

 

 

 

Le modèle technologique repose sur les rayonnements térahertz. Ces derniers disposent d’un pouvoir de pénétration puissant, qui leur permet de « traverser » des matériaux. Selon Wikipédia, ils peuvent ainsi voir à travers la peau, les vêtements, le bois, les plastiques, le carton ou le papier... Oh, le papier ? Ces matériaux non conducteurs sont alors balayés par les rayonnements non ionisants. 

 

D’ordinaire, les térahertz servent comme les infrarouges – en 2010, l’aéroport de Moscou avait décidé d’y recourir pour effectuer des contrôles aux portiques. En effet, le passager ainsi scanné se retrouve totalement mis à nu par le rayonnement, qui serait non nocif. Mais les chercheurs du MIT ont envisagé une tout autre façon de s’en servir.

 

 

 

Le rayonnement ainsi expédié sur un livre est absorbé en effet par le papier et l’encre, de façon différente. De la sorte, il devient possible, avec un très fin réglage, de pouvoir détecter les différences d’une page à l’autre, sans avoir même à ouvrir le livre. Et ce, alors que l’on ne dispose que de 20 micromètres d’air entre chaque page. 

 

La numérisation est alors effectuée comme par magie, puisque l’on scanne avec ce rayonnement. Une image est alors créée, qui sera par la suite traitée par un procédé d’OCR assez classique.

 

 

 

Évidemment, avant de disposer de ce type de matériel chez soi, il faudra prendre patience, ou gagner à la loterie nationale. D’autant plus que les résultats des scientifiques ne sont parvenus qu’à lire à travers la couverture que pour 9 pages. Pas vraiment la panacée pour un manuscrit ancien de plusieurs centaines de pages. Il suffira toutefois de peaufiner le système, et, avec le temps, d’arriver à augmenter la portée et l’efficience du rayonnement. 

 

 

 

À terme, la numérisation serait alors largement simplifiée, dans le plus grand respect des livres, qu’il ne faudra même plus ouvrir.

 

Les détails de l’opération sont présentés ici.