Les readers d'Amazon ou Kobo restent fermés aux lecteurs empêchés

Antoine Oury - 03.02.2015

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En 2010, le Twenty-First Century Communications and Video Accessibility Act, texte proposé par la Federal Communications Commission, demandait aux fabricants de « services de communication avancés » de veiller à l'accessibilité de leurs produits. Les principaux fournisseurs de lecteurs ebook, Amazon, Kobo et Sony avaient demandé une exception, qui vient d'être renouvelée par la Commission.

 


Kindle tactile d'Amazon déballage

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

L'exception avait été accordée dès 2013 à Amazon, Sony et Kobo. Pour pouvoir en bénéficier, les lecteurs ebook ne doivent pas proposer un accès aux emails, ne pas avoir d'écran LCD et ne pas disposer de caméra, entre autres. En raison d'une cruelle absence de synthèse vocale automatique (Text-To-Speech), et puisqu'ils sont vendus comme des appareils de lecture, les readers échappent à la législation américaine.

 

« Après un examen du dossier, nous sommes parvenus à la conclusion que les lecteurs ebook sont capables d'accéder à des services de communication avancés, sont conçus pour des usages multiples, et que les consommateurs les utilisent pour accéder à des services de communication avancés, mais qu'ils sont principalement conçus pour la lecture », expliquait la Commission pour justifier sa décision.

 

Malgré cette exception, comme le précise Ink, Bits & Pixels, les institutions publiques comme les bibliothèques et les écoles devaient se conformer à l'accessibilité au plus grand nombre, et acheter des lecteurs ebooks accessibles aux lecteurs empêchés.

 

L'exception a été renouvelée pour l'année 2015, et la synthèse vocale ne sera donc pas la règle pour les lecteurs ebook. La décision de la FCC a soulevé des protestations : les lecteurs ebook sont dotés d'un navigateur web, et il est tout à fait possible de les utiliser pour lire ses emails, autrement dit accéder à des « services de communication avancés ». Et le Kindle 2, en 2009, proposait bien une fonction de synthèse vocale.

 

Celle-ci a disparu, entre temps, à la fois sous la pression des éditeurs et ayants droit et suite aux décisions des fabricants, avec l'ouverture du marché du livre audio. La synthèse vocale, si elle est qualitativement inférieure à l'enregistrement professionnel d'un livre lu, pouvait en effet égratigner les parts de marché du livre audio.

 

Certes, les appareils d'Apple ont depuis longtemps été adoptés par les lecteurs empêchés pour bénéficier d'une navigation guidée dans les menus et des livres audio, mais certaines qualités des lecteurs ebook, notamment la durée de vie de la batterie, leur restent inaccessibles. Ou quand l'exception favorise les exceptions.