Les seniors lisent mieux sur tablettes mais préfèrent l'imprimé

Nicolas Gary - 07.02.2013

Lecture numérique - Usages - seniors - lecture numérique - usages


Les rapports et études sont formels, en tout cas, celle de la Johannes Gutenberg-Universität Mainz : pour les seniors, la lecture est plus facile sur un lecteur ebook, qu'avec un livre papier. Moins d'efforts, une plus grande accessibilité, autant de solutions qui favorisent et encouragent la lecture chez les plus âgés.

 

 

 Reading on the Kindle Fire

Counselman Collection, (CC BY-SA 2.0)

 

 

Une enquête publiée ce 6 février et supervisée par Matthias Schlesewsky, a montré que les seniors préfèrent les tablettes et les lecteurs ebook, parce qu'ils leur demandent moins d'efforts dans le traitement des médias. C'est en comparant les mouvements des yeux et mesurant l'activité cérébrale des personnes âgées que la conclusion s'est imposée. Les écrans rétroéclairés des tablettes et ceux à base d'encre électronique sont plus commodes pour lire. 

 

Les auteurs de l'étude ont mesuré les deux paramètres suivants : le temps nécessaire à la fixation visuelle sur les écrits et relevés l'activité cérébrale par une électro-encéphalographie, en fonction des différents dispositifs de lecture. Cela a permis de fixer la quantité de traitements cognitifs nécessaires. En somme, le temps et l'activité cérébrale qui interviennent. 

 

Pour les lecteurs âgés, de 21 à 34 ans les résultats montrent que les mouvements des yeux et les mesures EEG sont assez semblables. En revanche, pour les adultes de 60 à 77, les appareils technologiques nécessitent moins de temps pour la fixation du regard. Et quand est utilisée une tablette, par rapport aux autres médias papier, le temps est radicalement plus réduit. 

 

Chaque participant était invité à lire neuf textes, de la fiction aux textes universitaires, chaque fois sur une tablette, sur un lecteur ebook et une page imprimée. Les meilleurs résultats ont ainsi été obtenus lorsque les personnes âgées lisaient sur des tablettes et suggèrent donc clairement que ces appareils favorisent la lecture. 

 

Selon les chercheurs, c'est le principe du contraste accru entre le fond et la police qui améliore la qualité de lecture. Cependant, ils critiquent toutefois la luminosité qui peut être épuisante sur un temps de lecture qui est plus long. 

 

Cependant, et l'on n'est pas à un paradoxe près, lorsque les seniors ont été interrogés sur le plaisir qu'ils prenaient à lire, en fonction des appareils, les livres imprimés étaient deux fois plus populaires que les appareils électroniques. « Même si vous prétendez que vous avez plus de difficultés à lire sur un support, par rapport à un autre, cela peut ne pas être la réalité objective de ce qui se passe dans votre cerveau », explique Matthias Schlesewsky, pour justifier ces résultats.

 

C'est d'ailleurs ce qui rend cette étude assez unique : la différence de perception révélée entre la réalité cérébrale et celle physiologique. Une fois encore, on comprend que les données et perceptions vis-à-vis du livre numérique relèvent plus de l'émotion que de l'efficient. « Nos résultats indiquent donc que les considérations subjectives négatives de la lisibilité qu'impliquent les livres numériques et les autres textes ne sont pas le reflet en temps réel des demandes de traitement de l'information », telles que le cerveau les effectue.