Les smartphones plus dangereux que les livres, dans les avions ?

Clément Solym - 15.10.2014

Lecture numérique - Lecteur eBook - lecteurs ebook - livre numérique - tablettes avions


Les règles sur l'utilisation de tablettes et de lecteurs ebook dans les avions ont été assouplies. Depuis novembre 2013, les usagers peuvent se servir de leurs appareils sans peine – et sans violation des consignes de sécurité. Cependant, une plainte déposée la semaine passée relance le débat sécuritaire en plein vol. 

 

 

[A] Avión en Atardecer
Andrés Nieto Porras, CC BY SA 2.0

 

 

Le plus grand syndicat des agents de bord américain a expliqué au juge que cette autorisation accordée aux clients découle d'une erreur d'arbitrage. Selon l'avocat du syndicat, les dispositifs peuvent distraire les passagers, qui n'écoutent pas les annonces de sécurité présentées par l'équipage, mais également devenir de dangereux projectiles. 

 

Le juge Harry T. Edwards, qui a écouté patiemment, assure cependant que « les compagnies aériennes ont toujours eu un pouvoir discrétionnaire sur la manière de régler cela ». Autrement dit, les 60.000 agents de bord qui sont inscrits au syndicat pourraient ne pas être entendus.

 

La Federal Aviation Administration avait publié de nouvelles normes concernant l'utilisation de tablettes, de lecteurs ebook ou de smartphones. Dans ses recommandations d'usage, la FAA insistait par exemple, et rappelait qu'il fallait écouter le commandant de bord, s'il demande l'extinction définitive de sa tablette. Après tout, il vaut mieux rappeler aux usagers qu'ils n'ont pas tous les droits.

 

À l'annonce de cette nouvelle, la firme Amazon avait sabré le champagne. « Nous nous battons pour nos clients, sur cette question, depuis des années — par l'expérimentation d'un avion rempli de Kindle, en collaboration avec la FAA, et le fabricant de l'appareil », précise Drew Herdener, porte-parole d'Amazon. « C'est une grande victoire pour les clients, et sincèrement, il était temps. » 

 

Maintenant, elle sort les petits fours : pour remercier la FAA de son geste, Amazon proposait une remise de 15 % sur les différentes versions du Kindle Fire, et propose en outre 10 $ de remise sur le modèle d'entrée de gamme du lecteur ebook. Puisque les passagers ont le droit de se servir d'appareils de lecture numérique, autant les encourager à s'en procurer.

 

Depuis cette modification des consignes, 31 opérateurs aériens ont décidé d'autoriser leurs passagers à se servir de leurs appareils. Le procès engagé ferait long feu, si le syndicat ne pointait pas des erreurs dans les directives de la loi sur la procédure administrative. Celles-ci exigent que les organismes gouvernementaux donnent un avis public, et disposent du temps nécessaire pour apporter des commentaires, quand une règle de sécurité est modifiée. 

 

Le feu vert aurait donc été donné trop tôt aux compagnies aériennes. Mais l'avocat du gouvernement, Jeffrey Sandberg, s'est tout de même posé la question : les smartphones seraient-ils plus dangereux que les livres que peuvent lire les passagers ?