Le DRM Adobe décourage les lecteurs dans l'adoption du numérique

Clément Solym - 04.03.2015

Lecture numérique - Législation - DRM Adobe - protection numérique - livres lecture droits


Le problème est plus que connu : les DRM intégrés aux fichiers EPUB sont une plaie. Et le consortium Readium travaille fort à proposer une alternative viable et efficace qui facilitera les ventes. Avec l'intention, surtout, de fluidifier l'expérience utilisateur avec les livres numériques. 

 

 Clef nécessaire

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

60 % des demandes formulées auprès des SAV chez The Ebook Alternative concernent les DRM d'Adobe, et on estime qu'une demande est formulée pour chaque tranche de 200 achats d'ebooks. Pour mettre à l'épreuve l'anti-fonctionnalité de ces verrous numériques, un panel de testeurs a été recruté, avec un chiffre effarant : 0 % d'entre eux sont parvenus, sans aide, à lire correctement un fichier avec protection DRM Adobe. 

 

Près de 30 % des utilisateurs dépités ne comprennent d'ailleurs rien au DRM, quand 26 % pensent qu'il s'agit d'une sorte de lecteur ebook. Et de citer quatre grands problèmes que la technologie Adobe pose : 

  • ralentir l'adoption de l'ebook
  • freiner l'innovation et la technologie
  • un coût exorbitant (près de 70.000 $ annuel de licence)
  • la possibilité que les données clients soient dérobées (et cela s'est déjà vu) 

Pour les auteurs, comme les éditeurs, le DRM devient une plaie, qui supplante celles d'Égypte : 60 % du catalogue français sont sous DRM (190.000 titres) — et les méthodes alternatives comme le watermarking sont peu utilisées. Tout cela a des coûts de service après-vente et surtout une conclusion : impossible de faire bonne impression après avoir raté une marche. Autrement dit, la présence du DRM impacte la fidélisation du client, et diminue le nombre de ventes sur le long terme. 

 

Heureusement, il y a des raisons d'espérer : malgré les embûches, les lecteurs semblent plutôt opiniâtres, et des solutions d'aides peuvent diminuer les crises. 

 

 

 

 

L'autre raison, c'est le passage à LCP, Lightweight Content Protection, un projet de Readium. Cette solution incarne une forme de DRM légère, avec une cryptographie solide, permettant de préserver les droits des auteurs et des éditeurs. Ses solutions techniques autorisent l'impression, le copier-coller ou le text-to-speech, et donnent des outils pour maîtriser les autorisations. 

 

Il n'existe qu'un seul compte d'utilisateur, qui est celui du libraire, et LCP aura surtout le mérite d'être moins coûteux qu'Adobe, tout en se montrant tout aussi efficace. 

 

Les premières expérimentations sont en cours avec The Ebook Alternative, et les prototypes, une fois éprouvés, nécessiteront toute l'attention de l'industrie. Tout en permettant de sortir de la couche propriétaire qu'ajoute le DRM Adobe. 

 

Mi-février, Fleur Pellerin avait souligné que la France avait à cœur de promouvoir les formats ouverts, et l'interopérabilité : « Nous poussons, au niveau européen, à la généralisation du format EPUB, afin que les lecteurs ne soient pas enfermés dans des systèmes comme celui de Kindle. » Le projet de Readium pourrait alors convaincre très largement, si les pouvoirs publics s'en emparent.