Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Librel, vendre des ebooks en Belgique, sans "réinventer la roue'

Lettres numériques - 14.02.2014

Lecture numérique - Acteurs numériques - plateforme belge - livres numériques - commercialisation


Ce doit être un état d'esprit européen, que de parvenir à mettre en place une plateforme de vente nationale, qui faciliterait la commercialisation de livres numériques. En France, l'initiative 1001libraires avait fait long feu. Et il n'était pas plus regrettable que s'arrête cette usine à gaz, dévoreuse de budget. De l'autre côté de la frontière, la Belgique se lance dans un autre type d'aventure, en se centrant uniquement sur les livres numériques, avec Librel....

 

 

TXTR lecteur ebook low cost

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

 

Longtemps réfléchi, le projet de plateforme conjointe de ventes d'ebooks des libraires belges, dénommé Librel, avance étape par étape. Pour en savoir plus, nous avons interrogé Sébastien Goffe, en charge de la gestion technique, sur le projet et ses prochaines phases.

 

Avec Lettres numériques 

 

 

 

 

 

 

Depuis quelques temps déjà, les libraires belges, sous la houlette de Philippe Goffe, souhaitent mettre en place une solution pour fédérer l'ensemble des librairies indépendantes. Après avoir étudié les différents modèles existants, les librairies ont présenté leurs conclusions à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Sur cette base, un cahier de charges techniques et juridiques a été mis au point et soumis à différents prestataires envisageables. La plateforme pourrait être accessible au public dès la rentrée littéraire 2014 dans sa première version.

 

 

Dites-nous en plus sur le projet Librel ?

Le projet Librel, soutenu par la Fédération Wallonie-Bruxelles, a pour objectif de soutenir les libraires dans l'évolution numérique de la chaine du livre. La plateforme qui verra le jour permettra aux libraires labellisés de disposer de leurs propres boutiques en ligne de livres numériques. Pour ce faire, le portail se composera d'un site ecommerce de référence et offrira à chaque libraire affilié un « corner » avec une URL propre qui pourra être décliné à sa guise. Une librairie comme D-Livre par exemple pourra personnaliser la structure de base mise à sa disposition en adaptant la charte graphique du site et en activant des fonctionnalités prévues, comme un blog, des conseils de lecture, une newsletter, des chroniques et bien d'autres.

 

Ce concept doit en évoquer d'autres similaires pour les professionnels du livre mais notre but premier n'est pas de réinventer la roue. Nous préférons nous reposer sur une technologie qui a fait ses preuves et qui permettra de supporter les prochains développements. Notre volonté est surtout de connecter l'ensemble des librairies numériques belges.

 

 

Concrètement comment cela se passera-t-il pour le libraire ? Cet espace numérique lui demandera-t-il un travail quotidien ?

Par défaut, le « corner » du libraire est configuré pour ressembler à celui de la boutique centrale de Librel. L'activation de nouvelles fonctionnalités engendrera bien sûr un travail supplémentaire pour le libraire s'il n'a pas déjà de blog ou de newsletter mais il reste libre de ses choix. Une personne sera d'ailleurs engagée en temps partiel pour gérer la coordination et l'animation du site Librel et sera à la disposition des différents libraires.

 

Le prestataire technique qui sera choisit organisera des formations de bases pour nos libraires. Celles-ci leur permettront d'entretenir, de manipuler, de mettre à jour leur corner. Pour toutes les questions relatives à l'animation commerciale et marketing de ces corners, nous renvoyons aux formations spécialisées du PILEn.

 

 

Les libraires qui se sont déjà lancés en numérique verront-ils leurs boutiques en ligne se dédoubler ?

Certains libraires ont en effet déjà investi dans des solutions techniques comme D-Livres ou Tropisme qui dispose déjà d'un corner chez ePagine. Cela ne les a pas empêchés d'être très impliqués dans nos réflexions. Ces librairies seront libres de garder leur site actuel. Le projet Librel n'est pas exclusif, notre objectif commercial reste le même : bien plus qu'une mutualisation de moyens, nous souhaitons devenir la marque numérique des libraires belges. 

 

 

Le service après-vente sera-t-il délégué aux libraires ?

Non, le SAV engendre de réelles surchages de travail et nous avons voulu épargner cela aux libraires qui manquent parfois d'informations pour répondre aux questions des clients. Ils ne sont pas forcément des spécialistes des nouvelles technologies, des formats numériques ou des différents appareils de lecture. Le SAV sera donc pris en charge par notre partenaire technique via une hotline accessible 6 jours sur 7 par téléphone ou par mail. 

 

La plateforme Librel permettra aussi la mise à disposition d'ebooks aux bibliothèques ?

Oui, le projet sera connecté au projet PNB dont un premier système a été testé et approuvé par Dilicom. De nombreuses contraintes techniques demeurent encore inconnues mais il s'agit sans doute de la solution intermédiaire incontournable pour vendre des ebooks aux bibliothèques.

 

 

Vous travaillerez avec Dilicom et vous souhaitez proposer des livres des éditeurs belges, si ceux-ci ne disposent pas d'accord avec ce partenaire offrirez-vous des alternatives pour les distribuer ?

Non a priori, nous ne travaillerons qu'avec Dilicom. Librel n'aura pas la possibilité de se raccorder à d'autres systèmes. Nous invitons donc les éditeurs à trouver d'autres solutions de distribution.