Ligotés par la volonté des consommateurs ? Sûrement pas

Clément Solym - 07.06.2010

Lecture numérique - Acteurs numériques - lecture - ebook - distribution


La Book Expo America vient de mettre le doigt sur un changement comportemental majeur. Alors que l'an passé encore, les ordinateurs portables restaient les outils privilégiés pour la lecture numérique, voici que le Kindle aurait pris la tête de cette grande course, en devenant l'outil de lecture dominant aux États-Unis.

Mais qu'en est-il alors du métier d'éditeur dans un tel contexte ? S'il est plus que probable qu'il s'écoulera avant la fin de l'année plus d'iPad dans les chaumières que de Kindle à travers le monde, un tel modèle économique angoisse toujours autant. Et plus encore les acteurs qui y font face.

Pour Kelly Gallagher, du cabinet d'analyse Bowker, considère qu'il est toujours possible de modifier les conditions tarifaires et la distribution des ebooks. Ainsi, les utilisateurs d'iPad semblent faire preuve d'une certaine sensibilité sur les prix, mais Kelly souligne combien il est important de ne pas se sentir « menottés par les consommateurs récents ».

Et surtout, ne pas se laisser dicter le ton par un Amazon : son modèle est peut-être propice au développement de la lecture numérique, mais pas forcément en adéquation avec ce qui doit être fait.

La dernière étude montée par Bowker avance cependant que le Kindle aurait donc dépassé, en termes d'utilisation, les ordinateurs portables. En novembre, on tablait sur un ratio de 32 % contre 47 % de Kindle, alors que la tendance, pour avril, aurait basculé à 40 % pour le Kindle contre 39 % pour les ordinateurs.

De même, les consommateurs semblent plus sur les dents : ils sont 32 % à être disposés à attendre trois mois pour acheter un lecteur ebook, soit une hausse de 30 % par rapport à novembre. De même, le tarif n'est plus autant une condition d'achat qu'il a pu l'être.

Reste que la relation au livre est toujours l'élément majeur : on ne manipule pas un livre comme on écoute une musique ou que l'on voit un film, rappelait Michael Norris, de la société Simba. Si les habitudes de consommation évoluent plus lentement, les technologies, elles, se déplacent bien plus vite. Alors, l'adoption généralisée n'est pas vraiment pour tout de suite.