Lire dans les transports en commun : le numérique à la rescousse

Lettres numériques - 20.01.2016

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Depuis plusieurs années, se développent des offres destinées à inciter les usagers des transports publics à lire. Que cela passe par des modèles publicitaires, invitant au téléchargement de nouveautés, ou des opérations de communication, les expériences se multiplient. Cela répond-il aux attentes des utilisateurs ? Tentative de réponse.

 

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Thomas Leuthard, CC BY 2.0

 

 

Via Lettres Numériques

Les voyageurs et navetteurs assidus vous le diront : la lecture reste l’un des meilleurs moyens pour s’occuper durant un trajet. De nombreuses sociétés de transports, bien conscientes de cette réalité, entendent aujourd’hui tirer le meilleur parti du livre numérique et proposer des offres de lecture à leurs usagers.

 

Un concept qui a déjà fait ses preuves

 

Avoir accès à des centaines d’ebooks dans le métro et le train, c’est bel et bien possible, et depuis plusieurs années déjà. Aux États-Unis, Random House lançait le mouvement en proposant de consulter des extraits de best-sellers dans le train. À Pékin, la Bibliothèque Nationale met son catalogue à disposition des usagers du métro tandis qu’à Moscou, les voyageurs peuvent se plonger dans les grands classiques de la littérature russe.

 

En France, de nombreuses initiatives similaires ont vu le jour, notamment à Lille, où le réseau Transpole travaillait avec Bibliomobi pour proposer la lecture de nouvelles publiées par L’instant même, ou encore à Paris, où la RATP, avec SmartNovel, permet aux lecteurs d’accéder aux premiers chapitres d’un livre et de l’acheter s’ils sont conquis. La SNCF n’est pas en reste puisqu’elle s’est alliée à Story Lab Éditions et à Parallèles Éditions pour proposer ce service dans les TER en Lorraine puis en Languedoc-Roussillon.

 

Les initiatives, souvent lancées pour une durée limitée, ont toutes des arguments convaincants : la (re) découverte de grands classiques, la lecture de nouvelles dont la taille est adaptée au temps de trajet, un avant-goût des meilleures ventes du moment. Si les premiers essais fonctionnaient grâce à des QR codes disséminés dans les stations, la technologie a depuis évolué et ce sont aujourd’hui les applications qui dominent.

 

Du projet pilote à une offre pérenne globale… pertinente ?

 

Le succès de ces initiatives semble aujourd’hui se confirmer puisque des projets sur le long terme commencent à émerger. En effet, la SNCF a récemment créé SNCF e-livre, sa propre bibliothèque numérique, disponible via une application éponyme. Celle-ci propose 5000 classiques disponibles gratuitement et 100 000 titres plus récents consultables moyennant un abonnement mensuel de 9,99 €. Chaque mois, une sélection de titres est proposée.

 

L’abonnement proposé par la SNCF semble familier, et pour cause : il rejoint dans les grandes lignes les offres d’abonnement de lecture en illimité existantes, tant au niveau du concept qu’au niveau du modèle économique (ici aussi, les éditeurs sont rémunérés en fonction du nombre de pages lues) et vient donc se positionner comme concurrent direct d’acteurs proposant des offres d’abonnement similaires tels que Youboox, Youscribe ou encore le Kindle Unlimited d’Amazon. Dès lors, pourquoi choisir un abonnement avec la SNCF alors que d’autres proposent le même service avec plus de titres (Kindle Unlimited propose 700 000 ebooks) ?

 

À quand une offre similaire en Belgique ?

 

Un service du type pourrait-il voir le jour en Belgique ? Nous aurions tendance à répondre oui, à condition que cela réponde à de nouveaux besoins des lecteurs et qu’il ne s’agisse pas d’une offre similaire à tant d’autres, comme semble le proposer la SNCF. Librel, portail des libraires francophones indépendants, serait actuellement en phase de développement d’une « Reading Room » qui permettrait la lecture d’extraits d’ebooks dans des lieux publics (gares, aéroports). Cependant, en France comme en Belgique (et ailleurs), reste à convaincre les éditeurs encore réticents à l’idée de fournir les titres de leur catalogue.