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Littérature érotique et pornographique : analyse du Darknet

Clément Solym - 22.10.2013

Lecture numérique - Usages - autoédition - livres numériques - violence


Après le tollé qu'a déclenché la présence d'ouvrages pornographiques extrêmes sur le site du libraire britannique WH Smith, alimenté par Kobo, la littérature autoéditée érotique et pornographique est largement mise en cause. Certes, incestes, viols et autres actes sexuels violents ne devraient pas être accessibles librement sur des ebookstores, ni visibles par des enfants. Mais en réalité, cette matière fictionnelle reste minoritaire dans l'autoédition. 

 

 

 

 

Une étude présentée par Digital Book World a passé en revue plusieurs dizaines de milliers d'ouvrages autoédités, le tout analysé par Aaron Stanton, fondateur de Booklamp, et du Book Genome Project. Ces outils numériques servent à décrypter des contenus numériques - un data mining dédié aux livres numériques en somme. C'est avec ces éléments qu'a donc été analysé ce qu'il appelle The Literary Darknet - le Côté obscur littéraire du net.

 

Les outils utilisés passent au crible entre 40 et 100.000 livres chaque semaine, avec un taux de faux positifs de 1 %. Dans les données présentées, l'érotique ne concerne que 1,11 % des catalogues d'éditeurs traditionnels, mais 28,6 % des ouvrages autoédités, examinés par Stanton. Autrement dit, on trouverait 25 fois plus présentes dans l'autoédition. 

 

 

 

 

En outre, près d'un titre érotique sur dix de l'échantillon autoédité contient des éléments de bestialité ou des récits d'inceste - qui sont les plus fréquents dans l'autoédition, contrairement à l'édition traditionnelle. 

 

Sur les 1000 titres autoédités spécialement contrôlés, 1,9 % contiennent des éléments érotiques incestueux et 0,91 % des éléments sexuels violents. « Autrement dit, un peu moins de 3 % des titres autoédités sont susceptibles de contenir des éléments répréhensibles selon la définition admise. »

 

 

 

 

Simplement, si ces volumes semblent importants, la grande majorité des ouvrages ne dispose pas de commentaires ni d'étoiles de notation sur les sites de vente, même sur les plus grands sites de vente ou réseaux sociaux du livre. « Cela crée un problème : les détaillants en ligne comme Amazon ou Google et Barnes & Noble, finissent par mettre des livres sur leurs étagères, sans examen de leur contenu. » 

 

Et d'ajouter : « La relative facilitée avec laquelle les auteurs indépendants peuvent publier du contenu directement dans un magasin numérique a généré une grande vague de contenus sans aucun contrôle éditorial. Une vaste majorité de ces titres n'a presque pas de métadonnées fiables sur ce qui les concerne. C'est un océan invisible de contenus dont la plupart des gens ignorent l'existence. »