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Livre audio : fin du cartel Apple/iTunes et Amazon/Audible en Europe

Clément Solym - 19.01.2017

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La Commission européenne vient de saluer l’accord trouvé entre les sociétés Amazon et Apple, qui profitera à l’ensemble du secteur livre audio. Les deux entreprises mettent un terme à toutes les obligations d’exclusivité et de distribution qui planaient entre les deux acteurs. Bande sonore...

 

Livres audio - Frankfurt Buchmesse 2015

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Dans son communiqué, la CE apprécie la fin des pratiques anticoncurrentielles instaurées par, d’un côté, Amazon à travers sa filiale de livres audio, Audible, et, de l'autre, Apple, avec iTunes. La distribution d’audiobooks devrait s’en sortir soulagée, puisqu’un accord met fin « à toute obligation d’exclusivité concernant la fourniture et la distribution ».

 

Seuls sont concernés les livres audio téléchargeables, bien entendu, et c’est l’Allemagne qui avait tiré la sonnette d’alarme. En novembre 2015, le Bundeskartellamt, bureau de la concurrence, annonçait l’ouverture d’une enquête entre les deux acteurs. Le Börsenverein, association réunissant libraires et éditeurs allemands, évoquait en effet une distorsion de concurrence sur le secteur.

 

L’office fédéral allemand avait alors simplement résumé la situation : « Les deux sociétés ont une position forte sur le marché allemand des livres audio en téléchargement », soulignait Andreas Mundt, président de l’Office. « Et ce que nous constatons nous pousse à examiner plus en détail l’accord entre ces deux sociétés du secteur du livre audio. »

 

Déposée à la Commission européenne, la plainte du Börsenverein des Deutschen Buchhandels mettait en évidence des pratiques allant à l’encontre du droit de la concurrence. Les conditions pratiquées par Audible impliquaient « notamment la fourniture exclusive d’audiolivres à l’iTunes store d’Apple ».

 

Au terme de l’accord instauré, Amazon et Apple ont donc accepté de supprimer toute obligation d’exclusivité. Entendues par la Commission et l’Office fédéral des ententes allemand, les deux entreprises américaines seraient revenues à la raison.

 

Une distribution libérée du joug des exclusivités

 

Dans les faits, résume la CE, « Audible peut fournir ses audiolivres téléchargeables à des plateformes tierces, Apple peut acquérir des audiolivres auprès d’autres fournisseurs et les éditeurs et les agrégateurs de contenus pourront conclure des accords de distribution directement avec Apple ».

 

Bien entendu, Audible et iTunes restent concurrents frontaux, d’autant plus que tous deux disposent d’un écosystème de lecture propriétaire. Or, reconnaît la CE, Audible, devenue filiale d’Amazon en 2008, est à ce jour le « premier vendeur et producteur mondial d’audiolivres téléchargeables et d’autres contenus audio ». De son côté, iTunes n’est pas en reste, certes, d’autant plus qu’il s’appuie sur l’ensemble des appareils Apple.

 

Signé le 5 janvier dernier, l’accord permet de « supprimer toutes les obligations d’exclusivité régissant la fourniture et la distribution d’audiolivres ». Lesdites contraintes étaient déjà en cours avant qu’Amazon n’achète Audible, et imposaient à Apple de se fournir directement chez Audible. En parallèle, Audible avait l’interdiction de fournir des plateformes numériques autres que l’iTunes Store.

 

« La suppression de ces obligations d’exclusivité permettra d’accroître la concurrence sur un marché innovant et en rapide évolution et donnera aux consommateurs européens un accès plus large aux audiolivres téléchargeables », conclut la CE.

 

Reste que de nouvelles accusations antitrust ont été portées contre Amazon, cette fois au Japon. Et dans le même temps, soulignons que l’Union européenne a toujours en cours une enquête portant sur les clauses contractuelles entre les éditeurs et le cybermarchand, portant cette fois sur la stricte vente d’ebooks.

 

Le Börsenverein, au coeur de cette histoire autour des livres audio, n'a pas encore réagi à l'annonce de la Commission européenne.