Livre numérique : l'autopublication représente 22 % du marché britannique

Clément Solym - 24.03.2016

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À l’occasion de la Nielsen BookInsights Conference, ce 23 mars, l’institut a confirmé la tendance : on observe bien un ralentissement pour les ventes de livres numériques. En revanche, l’autre tendance se confirme : les ventes d’ebooks autopubliés sont en croissance. On passe de 16 % du marché en 2014 à 22 % en 2015. 

 

Bookeen - Salon du Livre de Paris 2015

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Avec une progression de 5 % en volume, le marché de l’ebook connaît donc une croissance inférieure à celle de 2013 et 2014. Les parts de marché sont de 27 % pour 2015 contre 26 % l’an passé. Selon Steve Bohme, directeur de recherche chez Nielsen Book UK, toute la croissance de 2015 « peut être attribuée à une hausse des achats d’Amazon et les titres autopubliés, alors que l’achat d’ebooks pour les éditeurs mainstream diminue légèrement ».

 

La raison est financière : les ouvrages numériques autopubliés sont proposés en moyenne pour un tarif moitié moindre que celui des maisons traditionnelles. Toutefois, le prix moyen a diminué de 1 % en 2015, alors que celui des livres imprimés augmentait de 2 %. Ce qui implique qu’en chiffre d’affaires, l’ebook est retombé à 16 % sur 2015.

 

De quoi montrer que l’indicateur tarifaire est essentiel dans la croissance du livre numérique. Un prix attractif favorise les achats, et donc le développement du secteur. Et une fois de plus, ces données démontrent combien le recul des ventes d’ebooks concerne l’édition traditionnelle, alors que l’autopublication a plus que le vent en poupe.

 

« Et au fond, je me demande si les lecteurs numériques ne sont pas en train de se demander à quoi ça sert », s’interrogeait le grand patron de Hachette Livre, estimant que l’on observait « un déclin » du livre numérique. Dans les faits, on observerait plutôt une préférence des lecteurs pour des livres plus attirants, financièrement.

 

En décembre dernier, le fondateur de la plateforme Vearsa, Gareth Cuddy, évoquait cette offre, loin de sentiers classiques, comme « une industrie énorme, incalculable, dans l’ombre ». Et de son point de vue, il fallait prendre en compte le fait que ce segment, poussé par des auteurs souvent aguerris, connaissait une forte croissance.

 

La croissance des vendeurs en ligne

 

Du côté des livres audio, la demande est toujours forte, avec une croissance de 27 %, indique Nielsen. L’autre point concerne le don de livres, qui a diminué de 8 % depuis 2012. « Cette baisse reflète le fait que moins de livres sont achetés comme cadeaux d’anniversaires ou cadeaux impulsifs », indique Bohme. 

 

Plus généralement, le marché des tablettes et smartphone à stagné en 2015, ce qui aurait contribué au ralentissement et la croissance des ventes d’ebooks. Les possesseurs de tablette ont augmenté de 4 % contre 16 à 18 % en 2013 et 2014. Et l’on constate que moins de lecteurs possèdent un eReader.

 

Les revendeurs en ligne ont été particulièrement performants dans le domaine de la fiction, avec une part de marché passée de 54 à 57 %, et une légère hausse dans la non-fiction, à 46 %. Les livres jeunesse sont moins prisés : seulement 29 % pour les vendeurs en ligne, contre 41 % pour les librairies, d’après les données. 

 

Pour le Royaume-Uni, qui ne dispose pas d’une loi imposant un prix unique pour le livre, les achats en ligne sont principalement choisis pour le prix, la facilité d’achat et la sélection. En revanche, la librairie est toujours privilégiée pour sa sélection personnelle – la ligne éditoriale reste primordiale.

 

Toutes ces données furent recueillies auprès de 36.000 personnes, de 13 à 84 ans. 

 

(via The Bookseller)