Loppsi, Hadopi, 'l'internet civilisé' : RSF épingle la France

Clément Solym - 12.03.2011

Lecture numérique - Acteurs numériques - pays - surveillance - internet


Existerait-il quelque chose de pas net dans le journalisme français ? Et mieux : a-t-on à redire de ce qui se passe sur internet, plus particulièrement, vis-à-vis des médias ? Le nouveau classement de Reporters sans frontières montre clairement que l'Europe est tombéee de son piédestal.

Mais plus inquiétant, pour la journée mondiale contre la cyber-censure, notre petite République vient de se faire méchamment classer dans la catégorie Pays sous surveillance, du fait des bonnes idées que peuvent être Hadopi, Loppsi ou encore les différentes pressions et affaires qui ont frappé le milieu du journalisme dans le pays.

Jouissif. France, terre historique des droits de l'Homme se fait désormais tirer l'oreille, à cause d'un gouvernement prompt à légiférer sur l'usage du net, revendiquer un contrôle des échanges et « privilégier une approche avant tout sécuritaire et liée à la protection des droits d'auteur, et au détriment de la liberté d'expression et de l'accès à l'information ». (via Numerama)


Que l'on s'entende : la France n'est pas encore une ennemie d'internet, comme ce peut être le cas pour les dictatures, mais entrer dans la section des pays à surveiller relève de la honte nationale. Et penser qu'un secteur comme celui du livre, incarnant normalement une certaine ouverture vers la curiosité, la découverte et l'épanouissement, est tout disposé à rejoindre et grossir les rangs des défenseurs d'Hadopi, fait encore plus mal. (notre actualitté)

« 2010 a été une année difficile pour certains journalistes en ligne avec, suite aux différents cambriolages, l'instauration d'un climat non serein. Par ailleurs, avec la mise de l'Hadopi qui prévoit comme sanction la coupure de ce droit fondamental qu'est l'accès à Internet et l'instauration d'un filtrage du web par la Loppsi, c'est la liberté d'expression qui est menacée », explique Lucie Morillon au Nouvel Obs.

Éduquons, ou l'internet civilisé

Et de pointer les déclarations de Nicolas Sarkozy, concernant un « internet civilisé », qui croisent clairement celles qu'Antoine Gallimard, président du SNE avaient eues dans nos colonnes, pas beaucoup plus brillantes. Pour mémoire, le grand patron avait déclaré : « C'est un compromis équilibré entre le droit des créateurs de vivre de leur travail et la liberté d'action des internautes. Mais liberté n'est pas licence. Et la liberté de chacun s'arrête là où commence celle d'autrui. En cela la loi Hadopi est un acte de civilisation de l'Internet. » (notre interview)

C'est d'ailleurs ce même "internet civilisé" que Frédéric Mitterrand est parti prêcher en Californie, notamment pour évoquer avec les géants de l'internet le piratage d'oeuvres culturelles et les problématiques du livre numérique. (notre actualitté)

« L’année 2010 aura vu la consécration des réseaux sociaux et du Web comme outils de mobilisation et de transmission d’informations. 250 millions d’utilisateurs ont rejoint Facebook en 2010. À la fin de l’année, le réseau social comptait 600 millions de membres. 175 millions de personnes utilisaient Twitter en septembre 2010, soit 100 millions de plus par rapport à l’année passée », souligne d'ailleurs RSF...

Voir le rapport de Reporters Sans Frontières