Lutter contre Angry Birds... en lançant des livres ?

Clément Solym - 16.05.2011

Lecture numérique - Acteurs numériques - ipad - ecran - concurrence


Au cours du World eReading qui se déroulait à Londres, éditeurs et autres personnes concernées se sont retrouvés pour évoquer leur profession. Important, ça, d'échanger, sur ce qui va et ne va pas et ne va pas du tout...

Surtout pour conclure que les maisons ont besoin de diversifier leur production pour faire face à une concurrence frontale, qui repose sur la maîtrise de l'écran et des choses que l'on peut y faire. La question était provocatrice, puisqu'elle faisait référence au jeu qui a débuté sur iPhone avant de devenir multiplateforme, Angry Birds.

Possible de lutter contre un tel adversaire ?


Puisque l'on parle d'un écran, et de ce que l'on va afficher dessus, la concurrence entre livres et jeux vidéo est désormais directe : sur un appareil identique, il est tout à la fois possible de lire et de jouer. Comment parvenir à imposer le livre dans ces conditions ?


 
Pour Jonathan Glasspool, directeur général de Bloomsbury Academic and Professionnal, la guerre est déjà perdue. Mais une question demeure : que faire, si la défaite est admise ?

Selon lui, seule la diversification des offres pourra donner un nouveau flux, et il faut donc puiser dans les catalogues de quoi exploiter nouvellement les oeuvres. « Nous faisons de plus en plus d'argent non pas par l'édition d'oeuvres, mais en exploitant la propriété intellectuelle et en aidant les autres à en tirer profit », ajoute-t-il.

Tous les uns contre les autres

C'est que la concurrence n'est, depuis quelque temps maintenant, plus simplement verticale, entre les éditeurs eux-mêmes. Aux confrères et autres maisons, sont venus s'ajouter des contraintes nouvelles, lorsqu'il a été tout possible de faire sur un seul appareil, sur un seul écran. Et à compter d'aujourd'hui, tous les médias deviennent entre eux concurrents, quand ils n'avaient qu'un champ bien défini, pour terrain de bataille, estime Michael Bhaskar, directeur de la publication numérique chez Profile Books.

De même, il considère que les ventes de livres numériques ne sont pas aussi reluisantes que ce que l'on entend. « Les titres dont vous pensez qu'ils atteindront de forts résultats ne parviennent pas à leur cible. Certains titres se vendent bien, mais ce ne sont que des exceptions qui confirment la règle. Il faut regarder bien plus loin, et ce n'est pas joli. » (via Futurebook)