Making of exclusif Fnac : Autobiographie d'une courgette de Gilles Paris

Nicolas Gary - 21.09.2016

Lecture numérique - Applications - Making of exclusif Fnac - Autobiographie d'une courgette Gilles Paris - Gilles Paris livre


Dans le cadre de l’opération Making-of Exclusif, menée par Fnac, ActuaLitté propose de découvrir l’un des extraits commentés par l’auteur dans une sélection de 10 romans. Aujourd’hui, Autobiographie d'une courgette, de Gilles Paris.

 

 

Pour cette rentrée, Fnac a proposé à 10 auteurs de réaliser le making-of de leur roman. Ces textes sont réunis dans un ficher EPUB, enrichi de photos, illustrations et des commentaires. On peut télécharger gratuitement sur cette page la totalité de ces bonus exclusifs, ainsi que des versions numériques ou papier des ouvrages.

 

 

 

 

Résumé

 

« Elle ressemble à une poupée de chiffon toute molle et ses yeux sont grands ouverts. Je pense aux films policiers où des tas de femmes se font tuer et après elles ressemblent à des tas de chiffons toutes molles et je me dis “c’est ça, j’ai tué maman.” » Ainsi commence l’aventure d’Icare, alias Courgette, un petit garçon de neuf ans qui tue accidentellement sa mère alcoolique d’un coup de revolver.

 

Paradoxalement, la vie s’ouvre à lui après cette tragédie, et peut-être même un peu grâce à elle. Placé dans un foyer, il pose avec une naïveté touchante son regard d’enfant sur un monde qu’il découvre et qui ne l’effraie pas. De forts liens d’amitié se créent entre lui et ses camarades. Et puis, surtout, il tombe amoureux de Camille…

 

 

MAKING-OF :

La genèse

 

En mai 2000, je réfléchis à l’idée d’un nouveau roman. Le précédent Les amis de Paul n’a pas trouvé d’éditeur. Difficile derrière les nombreux refus de reprendre la plume. Un éditeur m’a même conseillé de ne plus écrire. Je n’ai pas publié depuis dix longues années. Je revois l’éditeur et écrivain Jean-Marc Roberts me mettre le pied à l’étrier pour mon premier roman Papa et maman sont morts Il lira vingt pages chaque semaine et m’encouragera jusqu’aux cent premières pages.

 

Sans lui, je ne crois pas que je l’aurais terminé. Je doute. Beaucoup. Je me dis sans cesse que je peux mieux faire. Je relis toutes les nouvelles que j’ai écrites entre douze et seize ans. L’une d’entre elles, Icare et Camille, retient mon attention. Deux enfants malmenés par l’existence se rencontrent dans un orphelinat et s’attachent l’un à l’autre. Icare est plusieurs fois adopté, mais les parents décèdent et Icare retourne auprès de Camille. Tout petit, je voulais tuer le ciel devient Depuis tout petit, je veux tuer le ciel à cause de maman qui me dit souvent : « Le ciel, ma Courgette, c’est grand pour nous rappeler qu’on n’est pas grand-chose dessous. »

 

Je ne connais rien aux orphelinats ni aux maisons d’accueil. Je rencontre par mon métier d’attaché de presse un juge pour enfant qui me dirige vers une maison d’accueil exceptionnelle, Les Pressoirs du Roy que je rebaptise « Les Fontaines » dans Autobiographie d’une Courgette. Je n’ai trouvé ce titre qu’aux deux tiers du roman. Courgette s’appelle seulement Icare, ce fils d’architecte athénien mort d’avoir trop approché le soleil. Il me faut un surnom, comme en portent souvent les enfants, pour dédramatiser aussi ce prénom auquel je tiens. Je suis fils d’architecte…

 

Je pense aussitôt à un légume. Il ne doit pas être péjoratif, j’élimine de suite Concombre, Navet, Courge. Carotte est déjà pris par Jules Renard. Courgette sonne bien, je l’adopte. Et je réécris les deux tiers du roman en insérant le surnom auquel Courgette tient tant, au point d’oublier Icare. Je tiens au paradoxe de l’histoire. Un enfant tue sa mère par accident, et trouve le bonheur, l’amitié et l’amour dans cette maison d’accueil dont il ignorait l’existence. Une fable sur le tout est possible dont chacun d’entre nous se porte garant.

 

 

Bonus : 

 

La nouvelle qui suit, Icare et Camille, fut écrite par l’auteur, alors qu’il avait « entre douze et quatorze ans ». Il s’agit d’un texte brut, qui ne fut jamais travaillé ni publié. Gilles Paris explique : « C’est un texte à hauteur d’enfant, qui contient déjà les premiers éléments de ce que devint, une trentaine d’années plus tard, le roman Autobiographie d’une courgette. »