Making of exclusif Fnac : L'indolente, de Françoise Cloarec

La rédaction - 07.10.2016

Lecture numérique - Acteurs numériques - Making of exclusif Fnac - L'indolente Françoise Cloarec - éditions Stock


Dans le cadre de l’opération Making-of Exclusif, menée par Fnac, ActuaLitté propose de découvrir l’un des extraits commentés par l’auteur dans une sélection de 10 romans. Aujourd’hui,  L'indolente de Françoise Cloarec, publié aux éditions Stock.

 

 

Pour cette rentrée, Fnac a proposé à 10 auteurs de réaliser le making-of de leur roman. Ces textes sont réunis dans un ficher EPUB, enrichi de photos, illustrations et des commentaires. On peut télécharger gratuitement sur cette page la totalité de ces bonus exclusifs, ainsi que des versions numériques ou papier des ouvrages.

 

 

Résumé :
 
Qui est Marthe Bonnard ?
Toujours jeune, souvent nue, on la voit sur les toiles des plus beaux musées du monde, pourtant elle reste mystérieuse. Elle se dissimule dans la lumière du peintre Pierre Bonnard, avec qui elle partage sa vie entre 1893 et 1942. Durant cette période, le couple voyage beaucoup, au rythme de la santé fragile de Marthe, et noue des amitiés dans le monde de l’art – Monet, Vuillard, Signac, Matisse…


Derrière les couleurs, le « peintre du bonheur » cache ses fantômes et ceux de sa femme. Ensemble ils n’auront pas d’enfant, mais ils feront une œuvre.


À la mort de Pierre, veuf depuis cinq ans, leur histoire d’amour déclenchera une affaire judiciaire retentissante, émaillée de divers rebondissements. Car l’orpheline qui se disait être Marthe de Méligny avait une famille et un autre nom.

 


Séquence 1 : Extrait

 

Marthe habite les toiles de son amant, pourtant, elle ne pose pas comme poserait un modèle dans un atelier d’artiste. Elle vit sans contraintes, dans la maison, vaque à ses occupations naturellement. Poser, c’est s’arrêter. Marthe n’interrompt rien de ce qu’elle fait, ne paraît pas se préoccuper de la sensation qu’elle génère. Pierre la regarde. Tout le temps. Elle habite son œil. L’un observe, l’autre est observée. Elle ne se préoccupe nullement du peintre. Les yeux de Pierre lui dérobent un geste, une attitude, un émoi, une posture à tout moment. Sans cesse, il la dessine, la croque à la hâte avec son crayon noir. Ensuite il la peint de mémoire, à partir de ses esquisses.

 

Devant la mer, sans bruit, dans un grand calme et avec une vue que j’aime. © Françoise Cloarec

 

 

MAKING-OF :


Marthe modèle, c’est ce qui m’a plu au début, tout au début. Aux Beaux-Arts, des modèles vivants, j’en ai dessiné, peint, pendant des années. Faire une recherche sur le sujet me plaisait beaucoup. J’ai commencé à lire tout ce que je trouvais sur ce thème. Avec plaisir je me suis replongée dans la vie de l’atelier, là où le regard est essentiel, où la nudité est banale, où les odeurs de térébenthine prennent toute la place. J’imaginais la fatigue de Marthe, debout, sans bouger.


C’était avant de me plonger dans la vie des Bonnard, de découvrir la singularité du couple. Marthe, derrière ses cheveux, ses chapeaux, n’est pas celle que l’on croit, ni même peut-être celle que Bonnard croyait qu’elle était.


Mais qui est-elle ? Pour écrire, il me faut cette tension, disons-le ce désir, qui pousse à passer des mois, des années à lire, à rencontrer des gens, des lieux, à réfléchir.


J’ai senti une énigme, un je-ne-sais-quoi qui m’a donné envie d’aller voir ce qu’il y avait derrière cet écran de beauté picturale que nous montre Bonnard. Sur ses toiles, Marthe semble hors du temps, sans autre histoire que celle d’habiter les toiles de son compagnon.


Je l’ai beaucoup regardée parce que c’était difficile de la cerner, les mots ne la racontent pas. Bonnard, par les représentations qu’il fait d’elle, donne une image à son corps, comme s’il lui disait : regarde, tu es cela… Et du même coup il nous dit ce qu’il faut savoir d’elle. Cela ne m’a pas suffi.