Manifestations anti-ACTA dans toute l'Europe

Clément Solym - 13.02.2012

Lecture numérique - Législation - Anonymous - Union Européenne - ACTA


Des dizaines de milliers de manifestants se sont réunis samedi dans les grandes villes d'Europe pour manifester contre l'accord multilatéral ACTA, qui vise à lutter contre la contrefaçon en général, notamment le téléchargement illégal sur Internet. Point qui a suscité la colère de nombreux Européens, pour la plupart coiffés du célèbre masque de Guy Fawkes, tels des Anonymous.

 

Sorte de projet d'Hadopi mondial, le traité ACTA (Anti-Counterfeiting Trade Agreement) a été signé le 26 janvier à Tokyo, après trois ans de négociation par 22 États membres et une dizaine d'autres pays dans le monde (dont les États-Unis, le Canada et le Japon). Il prévoit entre autres le renforcement et l'harmonisation des moyens de lutte contre le téléchargement illégal.


 

 

Les manifestants étaient très nombreux en Pologne, République Tchèque, Lettonie, Slovaquie et en Allemagne. Parmi eux, des Anonymous, des citoyens et aussi des hommes politiques qui s'opposent vivement à l'atteinte à la liberté d'expression et aux droits des internautes que porterait ce traité, craignant de vivre dans une société sous haute surveillance, comme celle 1984 contée par George Orwell.  Les processus de ratification ont été suspendus en Allemagne, en Pologne, en République-Tchèque et en Slovaquie.

 

À la base, ACTA devait lutter contre les contrefaçons et le piratage, mais le texte semble bien plus restrictif. À un tel point que le rapporteur du texte au Parlement européen, Kader Arif, a démissionné fin janvier. Il a qualifié ACTA de « mascarade », et dénoncé l'ensemble du processus qui a conduit à la signature de cet accord, soit : « non association de la société civile, manque de transparence depuis le début des négociations, reports successifs de la signature du texte sans qu'aucune explication ne soit donnée, mise à l'écart des revendications du Parlement Européen pourtant exprimées dans plusieurs résolutions de notre assemblée. » (notre actualitté).

 

Pour se défendre, la Commission européenne a publié sur Internet un document sur les négociations de ce traité, disponible ici.  

 

Des Français contre « l'Hadopi mondial »

 

En France, environ mille personnes ont manifesté à Paris, 450 à Lyon, 200 à Lille et 200 à Rennes. Et elles ne comptent pas en rester là :

 

« On est plus nombreux qu'il y a quinze jours et on se battra jusqu'à ce que l'accord ACTA soit retiré (…) La plupart des manifestants ont été mobilisés via Internet, surtout les réseaux sociaux, et par le bouche à oreille», a expliqué un manifestant parisien à Europe 1.

 

Si le gouvernement reste pour l'instant muet sur ACTA, de nombreux de partis s'opposent au projet (Marine Le Pen, Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon, Corinne Le page,…). Le candidat PS François Hollande a appelé au refus de la ratification du traité et a interpellé le gouvernement pour « l'alerter sur les enjeux démocratiques en cause », rapporte le Télégramme.