Maxime Chattam pas inquiet : en France, 'le piratage c'est dérisoire'

Nicolas Gary - 15.10.2013

Lecture numérique - Acteurs numériques - Maxime Chattam - romancier - livres numériques


Maxime Chattam comptait, en 2011, parmi les plus gros vendeurs de livres de l'année, en vertu d'un classement établi par Le Figaro et GfK, avec 421.500 exemplaires. Et c'est ce beau gosse, aux multiples thrillers publiés chez Albin Michel, que Carrefour avait dépêché pour assurer le lancement de leurs deux lecteurs ebook, le NolimBook, qui seront commercialisés dès demain dans les librairies du groupe de distribution.

 

 

 

 

L'occasion pour l'écrivain de s'exprimer sur la lecture numérique, à laquelle il se déclare « sensible », et même plutôt favorable. Et ses prises de position sont assez intéressantes. « Le piratage est quelque chose de dérisoire en France », assure-t-il : « Je ne suis pas inquiet. » Selon le romancier, les amoureux de la lecture seront « toujours prêts à payer » pour se procurer des livres. 

 

Reste que le numérique, dans l'édition, représente une opportunité. « Tout ce qui me permet de lire, j'aime », lance-t-il. « Le numérique, c'est formidable pour demain. » Lire sur un écran « ne remet pas en cause l'amour de la lecture », et surtout, cela permet « de ne jamais être en panne de livres », puisque l'on peut s'en procurer en permanence.

 

L'un des sujets délicats, dans l'écosystème numérique, reste les mesures de protection qui restreignent les capacités de partage des lecteurs. La présence de DRM par exemple limite sérieusement la possibilité de faire découvrir un ouvrage que l'on a aimé. Sans même parler des systèmes propriétaires, comme Kindle, ou plus sournois, comme celui d'Apple, qui enferme dans l'utilisation exclusive d'iTunes.

 

« Mon éditeur ne serait pas d'accord, mais je préfère que les gens partagent mes livres », poursuit Chattam. « Si je vends 130.000 exemplaires au lieu de 150.000, ça n'a pas d'importance : le plus important, c'est que mes livres soient lus. »

 

En tant qu'auteur particulièrement bankable, les revenus lui permettent de ne pas craindre que des lecteurs partagent leur fichier entre eux. « Ma principale inquiétude, c'est le jour où je publierai un livre et qu'il ne trouvera que trois lecteurs. » 

 

L'avis est assez loin de celui de Paulo Coelho, qui encourage à pirater ses ouvrages considérant que cette promotion a un effet particulièrement bénéfique sur les ventes. Et quand on lui demande si cette attitude n'est pas simplement due à ce qu'il peut simplement, et financièrement, se le permettre, Coelho nie : « Je ne peux pas expliquer pourquoi mes livres imprimés se vendent mieux maintenant qu'avant les services de partage [NdR : Coelho n'emploie à aucun moment le terme de piratage] de fichiers. Mais il semble que la plupart de ceux qui téléchargent pour la première lecture, se sentent obligés plus tard d'acheter la version papier. »