Megaupload fermé, la fin de l'Internet tel que nous le connaissons ?

Clément Solym - 20.01.2012

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Coup de tonnerre sur la toile hier soir avec l'annonce de la fermeture du site de téléchargement Megaupload, le site référence de partage de fichiers. Il laisse sur le carreau des millions d'utilisateurs, des centaines de milliers de personnes qui ont souscrit à l'offre et une foule de questions.

 

La justice américaine a tranché, le FBI a même été appelé en renfort : le DMCA a frappé le site de téléchargement, Megaupload. Le DMCA, le Digital Millenium Copyright Act, est un acte de loi qui protège les droits d'auteurs. La Justice américaine accuse Megaupload d'avoir fait perdre 500 millions de dollars à l'industrie.

 

Il y a peu de temps Kim Dotcom, le fondateur du site se disait confiant. « Mega n'a rien à craindre. Notre entreprise est légitime et protégée par les lois DMCA et des lois similaires dans le monde. Nous travaillons avec les meilleurs avocats et respectons les règles du jeu » expliquait-il au site TorrentFreak. Les meilleurs avocats du monde n'y ont rien fait puisque Kim Dotcom a été arrêté par le FBI en Nouvelle-Zélande, tôt ce matin. 

 

Guillaume Champeau, pour le site Numerama, a étudié le rapport du procureur de près. Kim Dotcom aurait apparemment manqué de discernement puisqu'il rémunérait les internautes qui envoyaient des fichiers illégaux, en ayant parfaitement conscience de leur provenance et contenu. (Voir l'analyse complète de Guillame Champeau).

 

Les réactions ont fusé. Quinze minutes après l'annonce de la fermeture du site, le groupe de hacker Anonymous a riposté en s'attaquant à de nombreux sites de téléchargement légal de musique comme Universal Music mais aussi le site de la HADOPI.

 

Nicolas Sarkozy, qui avait déjà vivement critiqué les plateformes de streaming a applaudi après l'annonce de la fermeture du site. Il a indiqué dans un communiqué « que la lutte contre les sites de téléchargement direct ou de streaming illégaux, qui fondent leur modèle commercial sur le piratage des oeuvres, constitue une impérieuse nécessité pour la préservation de la diversité culturelle et le renouvellement de la création ».

 

Il a même invité ses ministres et la Hadopi à « étudier rapidement l'utilité de compléter notre législation par de nouvelles dispositions ».

 

La fermeture du site signifie-t-elle la mort lente mais amorcée du téléchargement illégal et des plateformes de streaming ? Que deviennent les internautes qui ont souscrit un abonnement pour profiter de ce contenu illégal ? Comment peut-on prouver qu'un fichier téléchargé illégalement induit de fait des pertes pour les industries de la musique ou du cinéma ? Quel crédit accorder au chiffre de 500 millions de dollars avancé par la justice américaine ?

 

Alors que la SOPA fait couler beaucoup d'encre, la fermeture du site pourrait bien marquer un tournant dans l'histoire d'Internet.