Missouri : Les données des usagers des bibliothèques protégés

Antoine Oury - 31.07.2014

Lecture numérique - Usages - prêt numérique ebooks - bibliothèques Missouri - protection des données


L'introduction de la lecture numérique au sein des bibliothèques américaines suppose également que les données numériques de lecture des usagers sont partagées par l'établissement avec ses partenaires fournisseurs. L'État du Missouri et son gouverneur, Jay Nixon, ont toutefois adopté une nouvelle loi qui limite l'accès des tiers aux bases de données utilisateur des bibliothèques, afin de protéger leur vie privée.

 

 

Diving into Digital Books 4

(Jennifer LaGarde, CC BY-SA 2.0)

 

 

Deux textes de loi ont été soumis à l'appréciation du gouverneur, qui a finalement validé la version HB 1085 : celle-ci « élargit la confidentialité des données enregistrées par la bibliothèque aux documents et ressources numériques et ajoute les tiers liés par contrat à la bibliothèque à la liste des entités qui ne peuvent pas dévoiler les données de l'établissement ».

 

Autrement dit, emprunter Fifty Shades of Grey en version numérique ne générera pas un envoi massif de publicités pour des jouets sexuels, et l'utilisation des données des usagers à des fins commerciales par les vendeurs tiers sera strictement encadrée. Dans un contexte uniquement marqué par le livre imprimé, la confidentialité relevait de la discrétion des bibliothécaires (et du dossier de l'usager). Mais l'introduction du numérique a changé la donne par le partage des bases de données avec les distributeurs et autres vendeurs.

 

« Pour que les usagers puissent accéder aux services, il faut que les vendeurs les identifient comme des adhérents à notre système de prêt, ce qui leur donne accès à notre base de données », explique Pam Klipsch, directrice de l'établissement du comté de Jefferson. L'Association des Bibliothèques du Missouri s'est particulièrement investie dans le combat législatif nécessaire à cette nouvelle loi.

 

La loi entrera en vigueur fin août, et les bibliothécaires vont bientôt rencontrer les tiers afin de définir les modalités d'exécution. En effet, elle oblige les tiers à signaler à la bibliothèque toute brèche de sécurité, mais permet également aux usagers de réclamer une enquête sur les pratiques des tiers, s'il constate une possible fuite de ses données personnelles.

 

La seconde loi proposait une possibilité d'opposition au système de carte sans contact, via le système RFID, également utilisé dans certaines bibliothèques françaises, mais uniquement pour l'enregistrement des livres. Les opposants à ce système pointent le fait que la carte à puce RFID permet de localiser son détenteur, mais aussi d'accéder à certaines données par voie de piratage.

 

Le gouverneur a rejeté la proposition, arguant que peu d'établissements utilisent cette technologie, qui se montre par ailleurs utile dans le cas des disparitions ou des catastrophes naturelles.

 

(via Library Journal)