MO3T : "La bataille est à peine commencée, elle n'est donc pas perdue"

Clément Solym - 27.09.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - MO3T - Orange - cloud


Quelques semaines après la révélation des premiers indices sur le projet MO3T, les 18 sociétés membres de la première mouture du consortium ont fait parvenir un communiqué de presse pour en préciser les grandes lignes. Interopérabilité, licence personnelle et modèle ouvert, le nouveau mode de distribution a un sérieux cahier des charges à tenir...

 

 

Moët & Chandon

Moët & Chandon, Mark Yang, CC BY-SA 2.0

 

 

Avec l'annonce officielle du projet MO3T vient simultanément pour les instigateurs du projet la confirmation des 3 millions € alloués par le Commissariat général à l'investissement, sur les 7 millions € nécessaires à la mise en place du réseau. « Les conventions sont signées avec la Caisse des Dépôts, sur un principe d'avance remboursable » précise David Lacombled, directeur délégué à la stratégie des contenus chez Orange.

 

Un quorum complexe

 

18 partenaires réunis autour de la table, pour le moment : « Il s'agit d'une des exigences du Grand Emprunt, il est normal que le nombre d'acteurs soit restreint pour la levée de fonds. En tant que modèle ouvert, il y aura forcément de nouveaux entrants » souligne Lacombled lorsqu'on l'interroge sur l'absence persistante de Hachette. Parmi les 18, Eden Livres, Editis, la Librairie Dialogues, Dilicom, SFR, et Orange bien sûr... « Pour chaque acteur du métier, nous avons au minimum 2 représentants. »

 

Et ce petit groupe de base s'est « mis d'accord » sur toutes les promesses faites dans le communiqué : l'interopérabilité, d'abord, devenu un véritable argument marketing chez Google, par exemple. « En cas d'usage, on se pose toujours des milliers de questions : comment j'offre un livre dématérialisé à Noël ? Comment je cède ma bibliothèque ? Avec MO3T, les enfants de Bruce Willis pourront hériter de ses livres » assure David Lacombled en faisant référence à un piège, non pas de cristal, mais commercial.

 

D'après le directeur délégué, « l'installation des sites verticaux [Amazon, Apple, Google] terminées, il reste de la place pour d'autres offres. La bataille est à peine commencée, elle n'est donc pas perdue » : c'est ainsi qu'en mettant toutes les chances - et un maximum d'innovations - de son côté que MO3T pourra transformer l'essai. Télévision connectée (le « téléachat » du communiqué pourrait se concrétiser par l'acquisition d'un roman chroniqué dans une émission littéraire, par exemple), interopérabilité et variété de l'offre sont quelques-unes des pistes : « Nous regardons le marché, et nous créons des écluses entre des plateformes qui ne communiquent pas nécessairement entre elles ».

 

Une étape importante pour tous

 

D'où l'intégration à MO3T des libraires et des bibliothèques, liés l'un et l'autre par l'appel d'offres pour l'approvisionnement des établissements de prêt, plus ou moins motivés à proposer du numérique, mais ne disposant surtout d'aucune offre satisfaisante. « Pour les libraires, il s'agit d'un marché important, notamment dans le cas d'appel d'offres physique et numérique couplées » explique David Lacombled. « Dans ce cas, MO3T devient un tiers de confiance pour la gestion de la licence, avec la garantie pour le consommateur que ses données ne seront pas utilisées pour des offres commerciales », une garantie crédible grâce à l'expérience des opérateurs dans la téléphonie mobile.

 

D'ambition ouvertement « internationale », MO3T est allé prospecter du côté des maisons d'édition et librairies allemandes, britanniques, espagnoles, canadiennes ou encore américaines... « Il y aura une émulation dans l'écosystème que nous allons créer, avec toujours la création d'emploi dans la perspective du Grand Emprunt » assure David Lacombled, en soulignant que l'institut Mines-Télécom participera à l'innovation, la recherche et au développement.

 

 Sous la bannière Orange, on ne discuterait ni des goûts, ni des couleurs...?

 

Calendrier du projet

  • Lancement officiel du projet MO3T : 27 septembre 2012
  • Janvier 2013 : Maquette
  • Septembre 2013 : prototype
  • Fin 2013 : début de l'industrialisation

Participants au consortium :

  • Editeurs - distributeurs numériques : Eden Livres, Editis, Editions  Flammarion, Editions Gallimard, La Martinière Groupe, Immatériel.fr.
  • Libraires : Librairie Dialogues à Brest, Librairie Lamartine à Paris,  Librairie La Procure à Paris, Syndicat de la Librairie française
  • Opérateurs Télécom : Orange, SFR
  • Opérateur du livre : Dilicom
  • SSII et fournisseurs de technologie : Argia, EPagine, Viaccess-Orca, De Marque
  • Centre de recherche : Institut Mines-Telecom

 

Mise à jour 2 octobre :

 

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