Mobile, divertissement : Amazon se découvre de nouveaux terrains de jeux

Clément Solym - 07.08.2012

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Même pour le géant du e-commerce, la fréquence à laquelle le nom d'Amazon est apparu dans les actualités numériques de ces dernières semaines est inhabituelle : un téléphone mobile probablement dans les cartons, l'arrivée du service de films en streaming Instant Video et l'inauguration d'une filiale consacrée au développement de jeux en ligne, autant de secteurs stratégiques pour asseoir sa maîtrise du divertissement numérique et répondre avec l'agressivité qu'on lui connaît à ses concurrents.

 

Amazon - official opening

L'entrepôt Amazon de Fife, en Écosse (auteur : Scottish Government)

 

Si la nouvelle version du Kindle Fire se fait attendre, la stratégie d'Amazon se révèle de plus en plus depuis quelques semaines. D'abord, avec l'annonce d'un smartphone façon Kindle, puis avec l'arrivée du service Instant Video sur l'iPad, sans oublier les signatures de contrats avec des studios comme la MGM ou la Paramount, ou encore les améliorations à son service de musique en ligne, Cloud Player.

 

Inutile de souligner que tous les secteurs sur lesquels le site de e-commerce vient d'avancer ses pions sont plus ou moins occupés par des concurrents : Samsung, Apple, Windows, Google... Les noms ne manquent pas, et chaque constructeur dispose de sa propre vitrine du divertissement, qu'il s'agisse de Google Play ou d'iTunes.

 

Amazon a annoncé aujourd'hui la création de sa filiale consacrée au développement de jeux en ligne, et a révélé un premier titre, Living Classics, un jeu où des renards traversent des classiques de la littérature comme Alice au Pays des Merveilles, Le Magicien d'Oz ou la légende des Chevaliers de la Table Ronde... Derrière l'aspect anecdotique de la nouvelle, c'est pourtant l'accent mis sur toute l'industrie du divertissement qui interpelle.

 

On sait que la stratégie d'Amazon repose sur la vente à perte de ses Kindle, qu'il s'agisse des readers, du Fire ou bientôt de son téléphone : il mise plutôt sur le rendement à long terme, avec l'achat de produits culturels exclusivement sur sa plateforme et la fidélisation à l'extrême de ses clients. Le programme Amazon Prime, qui permet pour 79 $ par an de profiter de locations d'ebooks gratuits via la Kindle Lending Library, pourrait être élargi progressivement à tous les secteurs sur lesquels Amazon fait son nid : le service Instant Video devient d'ailleurs gratuit pour tout adhérent au programme Amazon Prime.

 

Avec le lancement du smartphone Kindle, il devient facile d'imaginer un abonnement téléphonique « gratuit », en fait inclus au programme Amazon Prime. L'alliance du divertissement et de la communication chez Amazon ne serait pas si originale, puisqu' Apple et Google l'exploitent depuis longtemps, mais la généralisation du « tout-en-un » (un site, un programme de fidélisation, un appareil) pourrait porter un coup fatal à la diversité des offres et plateformes.