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Noël est au livre ce qu'Halloween est aux citrouilles - alors les ebooks...

Clément Solym - 11.01.2012

Lecture numérique - Acteurs numériques - lecture numérique - vente - Etats-Unis


La période des fêtes aux Etats-Unis a été l'occasion d'observer un phénomène inédit. Sur les 50 livres les plus vendus à Noel, 42 d'entre eux ont vu les ventes de leur version numérique dépasser celles de la version papier.

 

« Les deux semaines après Noël sont aux livres ce que les deux semaines avant Halloween sont aux citrouilles » confirme l'analyste Michael Norris. Mais c'est aujourd'hui, à l'époque ou un américain sur cinq lit des livres sur plusieurs supports différents, plus vrai encore pour le livre numérique.

 

Depuis deux semaines, les éditeurs et les auteurs, tous les acteurs du numérique en fait, annoncent des chiffres, des ventes et surtout des records. La semaine dernière HarperCollins et Hachette se tiraient la bourre pour savoir qui était le meilleur vendeur au Royaume-Uni. Dans le même temps, James Patterson passe le cap des 5 millions d'ebooks vendus. Avantage donc à Hachette ?

 

 

Certes, les ventes de livres numériques ont explosé mais il ne faut pas omettre la principale raison de cette croissance. Les lecteurs ebook ont été l'un des cadeaux les plus en vus pendant les fêtes. Près de 5 millions d'appareils de la gamme Kindle (lecteurs ebook et tablette) ont été découvert au pied du sapin, et Barnes & Noble annonce avoir vendu 2 millions de Nook, « dépassant les prévisions » selon un rapport de l'entreprise.

 

Si ces derniers produits sont plus spécifiques à l'industrie du livre, ils font maintenant une féroce concurrence à l'iPad bien qu'il reste leader, et de loin, sur le marché des tablettes avec 40 millions d'unité vendus l'année passée.

 

Aujourd'hui, le livre numérique représente 20% du marché total du livre américain, donc un calcul simple nous rappelle que le livre papier vaut encore 80% du marché. Mais l'appétit du monde digital est sans fin. D'ailleurs, bien qu'Amazon ait enregistré des hausses de ventes aussi bien en format numérique qu'imprimé, Russ Grandinetti, un des directeurs de la firme, précise que le numérique progresse « significativement plus vite ».

 

Le chant du cygne

 

Mais le cannibale Amazon laisse tout de même de belles miettes à ses concurrents. Barnes & Noble annonce que les ventes de ses livres papiers ont connu un rebond après les fêtes, près de 4% de ventes supplémentaires par rapport à l'année dernière. « La première hausse depuis cinq ans » tempère James Iannone, vice-président en charge des produits numériques.

 

Comme le dit James Ianonne, il faut tempérer ce sursaut, car sur l'ensemble de l'année écoulée, les ventes de livres imprimés ont globalement chuté de 9% aux Etats-Unis.

 

Les craintes pour l'avenir du livre papier ont traversé l'Atlantique. Et les librairies américaines n'ont pas fini de voir leurs angoisses s'accentuer. Theresa Foster, libraire du New Jersey, redoute que l'industrie du livre ne subisse le même déclin que celle de la musique. Mais l'analyste Norris met en avant un point qui joue favorablement en faveur de la survie du livre papier. « Le contenu musical a toujours besoin d'une interface type iPad ou ordinateur », sous-entendu : le livre n'a pas nécéssairement besoin d'interface électronique.

 

L'interface du livre papier n'est en soi qu'un empilement de feuilles reliées ensemble. Plus simple et surtout moins cher qu'un ordinateur, non ?