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Numérique : ces diables de Français achètent et piratent plus

Clément Solym - 28.09.2017

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Le piratage augmente à mesure que la consommation de biens culturels dématérialisés augmente. La conclusion avancée par Hadopi découle du baromètre 2017, qui a été présenté ce jour. Les pratiques évoluent vers une mixité globale, où les consommateurs basculent de l’offre légale à l’illégale. Et ces consommateurs sont de plus en plus nombreux.

 


support de communication de Hadopi 

 

 

Les temps changent, les mœurs aussi, et désormais, 78 % des internautes assurent avoir téléchargé musique, films, livre ou autre, au cours des 12 derniers mois. C’est une croissance de 8 points en regard de la même période en 2016. Mais Hadopi, dans son baromètre, indique qu’il s’agit là d’une hausse globale, pour toutes les tranches d’âges. En effet, 69 % des plus de 40 ans sont devenus des consommateurs de toile...

 

Conséquemment, 23 % des internautes affirment avoir des modes de consommations licites et illicites, et affichent une croissance de 8 points également par rapport à l’an passé. En revanche, on manque encore de données pour savoir s’il s’agit de motivations conjoncturelles. Mais nul doute que la sortie d’un nouveau film entraîne une recrudescence de recherches pirates...

 

« La consommation illicite est notamment portée par la consultation de séries en streaming. Mais parallèlement, les abonnements aux offres audiovisuelles légales progressent significativement de 5 % en 2016 à 9 % des internautes en 2017 », note Hadopi dans son analyse. 

 

En revanche, le changement c’est maintenant : les internautes ne sont plus que 37 % à recourir aux solutions pirates par habitudes, contre 46 % auparavant. 
 

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Et Hadopi de préciser : « Dans le cas des films, près d’un internaute sur deux préfère utiliser un moteur de recherche plutôt que recourir à un site illicite “favori”. Les freins déclarés à la consommation légale restent alors le prix et le contenu de l’offre jugé parfois trop limité en termes de diversité ou de récence du catalogue. »

 

Le prix est très souvent jugé trop élevé dans les enquêtes qui s’intéressent à la satisfaction du consommateur. En outre, l’existence d’une offre gratuite (licite et illicite) de biens culturels dématérialisés venant concurrencer l’offre payante peut faire apparaître le prix comme un frein d’autant plus important à une consommation licite.
De fait, le panier que les interviewés déclarent dépenser en moyenne par mois pour la consommation de biens culturels dématérialisés poursuit sa tendance à la baisse dans cette vague pour s’établir à 14 € (contre 16 € en 2016 et 19 € en 2013) et 27 € à partir d’un euro dépensé (contre 33 € en 2016 et 34 € en 2013). 

 

En revanche, c’est toujours la peur de la sanction qui conduit les clients à se ranger des sites de contrefaçon, même si la différence entre site pirate et site légal n’est pas toujours évidente dans les esprits. En effet, 60 % des internautes considèrent encore qu’un site payant signifie forcément offre légale.

 

Concernant le livre numérique, son recours est en hausse de 1 point, dans la consommation globale – sans distinction de téléchargement, via une offre légale ou pirate. Il représente 16 % du taux, et se trouve par là même bon dernier de la liste des produits culturels dématérialisés.
 

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Dans le même temps, Hadopi affirme que la consommation illicite de livres numériques en streaming est en diminution, passant de 26 % en 2016 à 25 % en 2017.