Numérique : les pratiques des éditeurs scientifiques, condamnables ?

Antoine Oury - 12.10.2020

Lecture numérique - Usages - editeurs universitaires - royaume uni edition - livres numeriques


Au Royaume-Uni, des chercheurs, étudiants et bibliothécaires cherchent à mobiliser pour réclamer l'ouverture d'une enquête sur les pratiques des éditeurs scientifiques en matière de livres numériques. « Les livres numériques deviennent de plus en plus inabordables, impossibles à rentabiliser et inaccessibles aux bibliothèques universitaires », dénoncent-ils.

livre papier - numérique - ebook


Plus de 1500 personnes ont souscrit à un appel de chercheurs, bibliothécaires et étudiants, adressé au gouvernement britannique : le collectif réclame une enquête sur les pratiques des éditeurs scientifiques, à l'origine d'ouvrages académiques vendus au format numérique aux bibliothèques des universités. Avec le confinement puis les restrictions liés au coronavirus, « le livre numérique est devenu la seule option » pour les établissements.

Or, « [e]n raison de la loi britannique sur le droit d'auteur, les bibliothèques universitaires ne peuvent pas simplement acheter un livre numérique de la manière dont un lecteur individuel le peut — nous sommes tenus d'acheter une version sous licence, spécifiquement pour une utilisation universitaire », explique le collectif. 

C'est là que les problèmes commencent : seuls 10 % des publications scientifiques seraient accessibles au format numérique, et les établissements feraient face à une interdiction de scanner l'intégralité d'un livre imprimé présent dans leur collection. Par ailleurs, les prix des livres numériques seraient particulièrement volatils (« nous pouvons citer au moins deux éditeurs scientifiques qui ont augmenté leurs prix de 200 % sans avertissement »), en l'absence d'encadrement.

La situation ne ferait qu'empirer avec les années, dénoncent les professionnels à l'origine de l'initiative : les éditeurs poussent au renouvellement régulier des licences des titres numériques, une pratique qui n'avait pas lieu d'être pour le format imprimé. Le recours à des sociétés tierces, notamment pour l'accès aux manuels scolaires numériques, aboutirait enfin sur de nouveaux frais payés par les étudiants.
 
La situation sanitaire devrait vraisemblablement favoriser les enseignements à distance et le recours aux outils numériques, renforçant les besoins — et les frais — en la matière. « Quelques acteurs clés monopolisent le marché et avec le manque de concurrence ou d'options alternatives, nous pouvons soit payer des prix exorbitants, soit ne pas acheter du tout de livres numériques — cette option devenant la règle, car nos budgets ne couvriront pas le coût souvent exorbitant des ebooks. »

L'appel à l'ouverture d'une enquête a réuni un peu plus de 1500 signatures, et obtenu le soutien du consortium des universités londoniennes, le National Acquisitions Group, organisation consacrée à la gestion et au développement des ressources en bibliothèques, ou encore du CILIP, le Chartered Institute of Library and Information Professionals, qui réunit des professionnels des bibliothèques. 

Photographie : illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0


Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.