Numérisation : une librairie de New York lance un SF-OS

Clément Solym - 04.09.2012

Lecture numérique - Usages - science-fiction - numériser - romans


L'équipe de la librairie Singularity&Co vient de lancer un cri d'alarme, sorte de Bat-signal à destination de tous les amateurs de science-fiction. Pour sauvegarder les oeuvres du XXe siècle, et leur donner accès au siècle suivant, il faut les numériser. Un projet lancé depuis la plateforme de crowdfunding Kickstarter, mais qui ne manquera pas, en France, de rappeler un projet de loi particulièrement décrié. 

 

 

 

 

On s'active dur, dans la librairie indépendante, et deux ouvrages ont déjà pu être sauvés :  A Plunge Into Space et The Torch. Pourtant, la numérisation est une pratique coûteuse et longue. Si le troisième ouvrage, Mr. Stranger's Sealed Packet, est enb cours, il faut compter une belle journée pour en voir le bout.

 

Ainsi, trois programmes ont été mis en place, donc chacun permet, contre une participation financière, d'obtenir un accès aux ouvrages qui auront été numérisés par l'établissement. 

 

• La formule à 29,99 $ permet de profiter durant une année des livres

• Celle à 129,99 $ donne un accès à vie

• La dernière, à 249,99 $ ajoute, à l'accès numérique, à une année de papier gratuite 

 

Et depuis avril, le programme de financement est parvenu à obtenir 350 % des 15.000 $ qu'ils souhaitaient récolter. L'avantage pour l'équipe, c'est que les titres numérisés sont libres de droit, ce qui évite de se prendre les pieds dans le tapis du droit d'auteur. Mais James raconte que les difficultés n'en sont pas moins là : « Nous savions qu'il serait difficile de retrouver le statut juridique des livres, mais c'est tout bonnement bien plus compliqué que nous ne l'avions prévu. »

 

Une réelle tristesse, alors, quand le livre n'est pas numérisable : ces couvertures anciennement futuristes, peuplées d'extraterrestres et de machines spatiales sont alors frappées par l'ironie du sort, et rangés dans un carton. « C'est triste, car beaucoup de livres vraiment géniaux se perdent, non pas parce que personne n'en veut, mais parce que des gens fortunés, prétendant qu'ils possèdent les droits, empêchent ceux qui ont réellement les droits de le faire. Nous espérons nous débarrasser des gêneurs rapidement », précise Ash Kalb, l'avocat de la bande.

 

C'est en effet à lui qu'incombe la tâche de contacter les ayants droit pour les informer du projet et du programme, en se dépatouillant autant que possible avec ce que le droit d'auteur peut poser d'obstacles à la numérisation. Et quand ce ne sont pas les droits d'auteurs, ce sont les droits d'accès : ainsi, les universités refusent la numérisation de certains ouvrages qu'elles possèdent. Il faut compter parmi ses abonnés ou les étudiants affiliés pour pouvoir mettre la main dessus. 

 

Mais la motivation reste là : « Nous allons prendre quelques-unes des plus grandes oeuvres de l'imaginaire du XXe siècle et les transporter dans le XXIe, et vous pouvez nous aider en vous abonnant dès maintenant ! »

 

Plus d'informations, à cette adresse

 

Chose intéressante : à l'occasion de la Convention dédiée aux univers fantastiques, Semay 2002, se déroulait une conférence portant sur la numérisation des oeuvres indisponibles. Laurent Whale , Sylvie Lainé , Christian Grenier  étaient réunis pour évoquer les enjeux de la loi pour les auteurs. On notera que l'implication des auteurs de SF français est au premier plan sur ces questions, notamment avec la présence de Yal Ayerdhal, qui est devenu le porte-parole du collectif Le droit du Serf. (via Actu SF)