Numériser un livre en 5 minutes et deux coups de pédale

Clément Solym - 06.11.2015

Lecture numérique - Usages - numériser livre - scanner maison - scanner Czur


Numériser pour sauvegarder ses ouvrages nécessite d’avoir sous la main les outils adaptés. Le scanner Czur semble répondre à plusieurs impératifs, mais avant tout à la rapidité de numérisation. Il est en mesure de numériser un ouvrage de 300 pages en cinq minutes, assure la page de financement. Son tarif est par ailleurs séduisant : 199 $. 

 

 

 

Présenté sur Indiegogo, le Czur est un véritable pari, mais qui semble largement remporté. L’appareil a tellement suscité l’enthousiasme du public qu’il reste 17 jours de campagne et que l’objectif de 20.000 $ a été pulvérisé. Plus de 248.000 $ ont été apportés par les internautes.

 

La présentation elle-même ne manque pas d’intérêt : selon ses créateurs, le Czur est « le premier véritable scanner intelligent... Il peut facilement numériser des livres, et se connecter en WiFi. Czur est plus rapide que tout autre scanner au monde, et sert également de vidéo projecteur ». Grâce à une pédale reliée au scanner, l’opérateur peut capturer les pages d’un livre rapidement, et les transférer au logiciel de numérisation et correction. 

 

 

 

Il pourra sortir des images aux formats JPEG, PDF ou TIFF, et ses outils logiciels sont en mesure de supprimer des traces d’empreintes digitales, malencontreusement laissées. 

 

La fonction WiFi permettrait alors de mettre en place un cloud de livres, pour l’accès direct depuis ses appareils de lecture. Notons que le prix de vente au détail, une fois l’opération de crowdfunding achevée, sera de 400 $. 

 

Bien entendu, obtenir en 5 minutes la version dématérialisée d’un livre est séduisant, mais cela n’enlève pas la nécessité d’une relecture, après le passage de l’OCR. À suivre... (via Teleread)

 

La numérisation pour tous

 

L’appareil est plus que séduisant pour les bibliophiles soucieux de gagner de l’espace, mais offre des solutions avec la rétroprojection qui sont tout aussi intéressantes. Même son tarif grand public semble plutôt attractif. Rappelons également qu’en France, la législation sur le droit d’auteur permet à tout utilisateur de réaliser légalement une copie, dite privée. L’article 122-5 du Code de la propriété intellectuelle exige en revanche que la numérisation soit opérée par un appareil qui appartient à l’utilisateur. 

 

« Les copies ou reproductions réalisées à partir d’une source licite et strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, à l’exception des copies des œuvres d’art destinées à être utilisées pour des fins identiques à celles pour lesquelles l’œuvre originale a été créée et des copies d’un logiciel autres que la copie de sauvegarde. » 

 

Il reste alors toujours l’idée, portée par la Quadrature du Net, de mettre en place un modèle de licence, sur celui des Creative Commons. La Quadrature nous avait ainsi expliqué qu’elle envisageait la rédaction d’une Copy Party Licence, qui serait l’extension du concept de General public Licence, conçue par Richard Stallman. Dans ces conditions, il deviendrait possible de prêter un appareil de numérisation à un tiers, qui, durant son utilisation, en deviendrait alors le propriétaire.