Numériser un livre sans l'ouvrir : en 2009, un Français ouvrait la voie

Clément Solym - 22.09.2016

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En 2009, la société i2S mettait au point son projet TeraBook, en collaboration avec le laboratoire CPMOH. Son idée : étudier les solutions TeraHertz pour numériser des documents. Alors quand le MIT en fait des caisses avec sa caméra, un petit retour vers le futur s’impose. 

 

 

 

Scanner et numériser des ouvrages, sans même avoir à les ouvrir ? Le projet que le MIT avait présenté mi-septembre laissait entendre que les scientifiques en rêvaient... tout en étant encore dans les prémices de l’art. Leur projet était parvenu à percer le secret de 9 pages d’un manuscrit, grâce au rayonnement TeraHertz. En traversant la couverture et les pages, le rayonnement parvient à capter les mots, puisque papier et encre réagissent de façon distincte.

 

TeraBook, 7 années d'avance, ou presque

 

Sauf qu’en 2009, le projet TeraBook était déjà parvenu à faire des miracles, en regard de l’époque : i2S était parvenu à voir à travers 2 ou 3 pages, déposant dans la foulée un brevet sur ce principe. Le MIT n’a donc ni inventé la poudre ni technologiquement présenté un projet de camera bien plus abouti. 

 

Avec deux laboratoires liés à l’université Bordeaux I et au CNRS, i2S avait mis en place cette solution destinée à scanner les livres, sans occasionner de dégâts. A l’époque, traverser une couverture semblait tout de même un projet difficile à mettre en place, si l’on considérait les besoins de qualité pour les images produites. 

 

Aux côtés de i2S, on retrouver le Laboratoire bordelais de recherche en informatique, LABRI, ainsi que LOMA, Laboratoire Ondes et Matière d’Aquitaine. 

 

D’ailleurs, forte de l’expertise et des travaux de recherche, l’entreprise a signé un partenariat avec CEA Tech (division du Commissariat à l’énergie atomique), concernant justement « l’imagerie Terahertz et multi-spectrale », mi-septembre. « L’imagerie Terahertz est un domaine prometteur, les ondes Terahertz sont des ondes pénétrantes dans certains matériaux et non-ionisantes. Des applications prometteuses dans le domaine du contrôle non-destructif, de la santé et l’industrie commencent à voir le jour », souligne la société.

 

Au cours des trois prochaines années, le laboratoire commun va explorer les pistes qu’offre cette technologie. C’est que « numériser un livre sans l’ouvrir », est un rêve ancien de Jean-Louis Blouin, directeur général de i2S. 

 

À la Cité photonique située à Pessac (en périphérie de Bordeaux), le CEA Tech dispose désormais d’un démonstrateur de caméra TeraHertz. La collaboration induit un partage des connaissances et savoir-faire, associant les résultat du LETI, institut de CEA Tech, et les solutions d’industrialisation que i2S peut apporter, pour la commercialisation.  

 

 

 

Outre cet accord avec le CEA pour un laboratoire commun concernant les caméras multi-spectrales et TeraHertz, i2S lance par ailleurs un premier modèle de caméra TéraHertz.