Oeuvres indisponibles : ReLIRE Bay propose la liste en Open Source

Nicolas Gary - 31.03.2013

Lecture numérique - Législation - Relire - registre


La semaine passée, la célèbre équipe de pirate, la Team Alexandriz, créait l'événement : réagissant aux propos des éditions Ad Astra, voici que les pirates de livres, que l'on aime détester, proposaient une parodie du registre ReLIRE, la base de données constituée d'oeuvres indisponibles qui seront donc numérisées, sans l'autorisation préalable des auteurs. Eh oui...

 

 

 

 

« Et nous souhaitons bon courage à la Team Alexandriz qui voit là débarquer un sacré concurrent, le nouveau Pirate Bay du Livre - et si nous étions Alexandriz, c'est limite si nous ne déposerions pas plainte, tiens !) », affirmaient les éditions Ad Astra, spécialisées dans la science-fiction. La Team Alexandriz avait alors pris l'éditeur au mot, et dimanche dernier, lançait un site improbable : ReLIRE Bay

 

Le tout, avec pour intitulé, un message clair et sans appel : « Spoliation d'auteur, détournement de fonds publics pour des intérêts privés. » Mais la plaisanterie n'aurait eu qu'un temps, si la Team Alexandriz n'avait pas décidé d'aller un peu plus loin dans le projet. C'est désormais chose faite. Et bien faite. 

 

À cette adresse, on peut télécharger l'intégralité de la base ReLIRE, contenant l'ensemble de la première liste de 60.000 titres qui seront numérisés - à moins que les auteurs et ayants droit concernés par la numérisation ne s'y opposent.

 

 

 

Sollicité sur le devenir du projet de numérisation des oeuvres indisponibles, Charles Kermarec, endossant la casquette d'éditeur, pour les éditions Dialogues, restait particulièrement mitigé. « Sur le principe..., c'est apparemment une bonne chose. Quelle en est l'économie et les possibilités de succès, ça... je l'ignore. Ce qui m'apparaît comme certain, c'est que la rentabilité s'exprimera en centaine d'années, pas moins. Dans la période actuelle, ce n'était peut-être pas le meilleur des investissements. »

 

Et l'éditeur breton de nuancer : « Les oeuvres indisponibles, elles se retrouvent dans cet état, parce qu'elles n'ont pas été réclamées, et donc parce qu'il n'y a pas de lecteurs. Cependant, il n'y a pas que l'économie, dans le livre, il est important que l'on ne voie pas disparaître les livres et ce qu'ils contiennent. »

 

Ce que l'on peut recommander, sans le préconiser, c'est de télécharger la base, pour un premier archivage, mais également référencer l'ensemble des livres qui y sont présents, pour voir comment se déroulent les procédures d'opposition. Il sera également intéressant de déterminer quelle est la répartition en fonction des groupes éditoriaux, pour déterminer quels sont les véritables enjeux de cette numérisation de masse, à rythme forcé.