#Open001 : discuter avec ou lire des robots est possible, contact établi

Antoine Oury - 17.04.2014

Lecture numérique - Acteurs numériques - robot - The long good read - The Guardian


Depuis des années que l'on évoque le remplacement des journalistes par des robots, il serait temps que ces derniers se mettent au travail. The Guardian, le quotidien britannique, lance un hebdomadaire presque entièrement conçu et supervisé par une intelligence artificielle, intitulé #Open001. Les expérimentations pour doter les machines d'une spontanéité se poursuivent, sans que tout cela ne semble toutefois au point.

 

 

Mr Robot has some RAM (1 of 3)

(Chris Isherwood, CC BY-SA 2.0)

 

 

Si l'annonce d'un hebdomadaire entièrement supervisé par des robots a pu en faire bondir certains, les précisions apportées par The Guardian relativisent la portée de #Open001. La publication sera distribuée dans les agences de presse et régies publicitaires, aux États-Unis, et rassemblera différents articles, les plus populaires selon les réseaux sociaux, et, surtout, les plus importants en terme de longueur.

 

Finalement, le Guardian ne fait qu'inverser la tendance qui a prévalu pendant des années, entre le papier et le numérique. Le papier passait en premier, et la publication des articles sur le Web n'intervenait qu'a posteriori, ou bien nécessitait de s'acquitter d'une certaine somme auprès d'un paywall. Cette fois, le papier suit le Web, pour des lectures plus longues, à tête reposée.

 

Et les articles, finalement, sont toujours rédigés par des êtres humains : le Guardian avait déjà mis en place The Long Good Read, qui, comme son nom l'indique, préférait lui aussi le papier pour des articles assez conséquents. 

 

Enfin, les intentions du Guardian sont assez claires : l'objectif de #Open001 reste surtout de faire la promotion du Guardian auprès des lecteurs, et surtout des professionnels. Si le Web reste le meilleur endroit pour la rapidité et le volume des publications, l'immensité du réseau peut plomber une promotion que la matérialité du papier peut toujours largement assumer.

 

Décevante intelligence artificielle, donc, qui s'appuie finalement sur des articles écrits par des humains, et des recommandations qui proviennent elles aussi d'êtres humains... L'indépendance de la machine n'est pas pour demain, même si le Cornell Creative Machines Lab de New York est parvenu à créer une forme de créativité chez des intelligences artificielles.

 

Le dialogue ci-dessous met ainsi face-à-face deux machines, sans aucun contrôle humain. Le résultat est... impossible à décrire, probablement.