Ou pourquoi le piratage de livres n'inquièterait pas...

Clément Solym - 28.10.2011

Lecture numérique - Usages - kindle - ebooks - librairie


La Foire du livre de Francfort avait mis le piratage d'ebooks au coeur du débat, après les interventions répétées qui en pointaient les dangers. 60 % des téléchargements effectués l'an passé dans le pays étaient illégaux, de quoi inquiéter. Heureusement, le marché représente moins de 1 % des ventes, dont finalement, 60 % de moins de 1 %, cela ne fait plus grand-chose.


Plaisanteries mises à part, le piratage de livres numériques passera toujours par une offre trop faible, ou trop sclérosée, notamment par les DRM, ces outils qui limitent les conditions d'utilisation des fichiers. L'acteur aujourd'hui dominant sur le marché, Amazon, pour ne pas le nommer est-il cependant inquiet de ce que les ebooks au format Kindle se fassent pirater ?

 

La question se pose, mais pas tout à fait de cette manière. En effet, les derniers résultats annoncés par le géant montrent une chute des bénéfices, du fait des investissements réalisés pour sortir un nombre faramineux de Kindle Fire - on parle de 4,5 à 5 millions d'appareils avant la fin de l'année.

 

Mon cher libraire, je t'épargne

 

Mettons ainsi ces éléments en relation avec les émeutes de Londres - petit grand écart intellectuel. Les seules boutiques qui n'ont pas été victimes de pillages restent les libraires, pouvait-on lire. Les jeunes révoltés n'avaient probablement pas en tête de vandaliser ces établissements, peut-être parce qu'ils n'avaient pas en tête de lire, plutôt de profiter de remises exceptionnelles sur des fringues ou des appareils high-tech.

 

Or, dans une période de calme social, on pirate plutôt sur le net, que dans la rue. Et dans le domaine, trouver un fichier ZIP contenant quelques milliers de titres piratés n'est pas exceptionnel. On fait des packages plus gros, du fait que les ebooks ne pèsent pas grand-chose. Trop gros encore pour représenter des outils intéressants pour les virus et autres malwares, certes, mais juste assez pour être stockés en masse dans un dossier...

 

L'important, c'est l'appareil

 

Qu'en est-il donc ? Qu'en tant que libraire, Amazon ne se préoccuperait pas de ce que l'on puisse trouver ses ebooks largement disponibles sur les réseaux ? On n'a jamais après tout entendu le géant attaquer ni poursuivre un site qui proposait des livres dans son format propriétaire. Et pour cause ! En fait, c'est du côté des éditeurs que l'on s'inquiète réellement du piratage. La perte à gagner vient de leur côté, plutôt que pour le Gorille de Seattle.

 

Pourtant, le piratage de livres est largement plus simple que celui de la musique. Mais dans l'environnement Amazon, l'achat est quasiment plus simple encore, dès lors que l'on a un peu d'argent à investir. Et puis, Amazon gagne-t-il tant que cela avec la vente d'ebooks ? Ou se goinfre-t-il bien plus avec la vente des appareils de lecture ?

 

En somme, une fois que l'on a intégré l'univers d'Amazon, et franchi le pas de l'achat de l'appareil, on a un tel sentiment de confort, que l'on n'est plus si tenté que cela de se mettre à pirater quoi que ce soit...