"Papier ou numérique, on s'en fout" : Le manifeste gratuit du Lire

- 03.05.2013

Lecture numérique - Usages - support - papier - écran


Le coup de gueule ne cessera pas de l'entretien. C'est que la guerre du livre papier contre le livre numérique épuise le patron des éditions Numeriklivres, jean-François Gayrad. A dresser les lecteurs les uns contre les autres, l'essentiel est oublié : le plaisir de la lecture. Dans cette optique, l'éditeur publie gratuitement aujourd'hui son Plaidoyer pour le Lire. Une compilation de quatorze textes sr le plaisir de l'évasion par le mot, avec pour défi particulier ne pas mentionner le mot « livre ».

 


 

Parce que ce mot a une seule réalité, le livre « dans la tête des gens, c'est l'objet », alors autant le mettre de côté pour réunir ce que les deux supports ont en commun et revenir à l'essentiel. Pour retour aux sources, NumérikLivres propose Sur la lecture de Proust. Une préface à Sésame et les Lys de Ruskin sur les réminiscence des lectures d'enfance.

 

Parmi les cibles de sa saine colère, Jean-François Gayrard, vilipende « les théoriciens », « blogueurs » et « conseillers » d'un modèle économique, ceux qui « ne mettent pas les mains dans le cambouis ». De même pour le Salon du futur du livre de Bourgogne et le grand frère parisien. L'éditeur s'y rendra quand on parlera de lire plutôt que du seul emballage.

 

« Le livre a besoin de la littérature, mais la littérature n'a pas besoin du livre ». Et de rappeler que le petit pavé de papier n'est qu'une incarnation du mot dans l'histoire. Au travers des libraires que l'on plaint « davantage que les défunts disquaires », Jean-François dénonce une économie de l'emballage. Un modèle dont les coûts concernent pour moitié ni la rémunération des auteurs i le fonctionnement éditorial.

 

En revanche, il s'étonne de la ponction d'un quart des revenus de ses activités immatérielles pour la distribution, le stockage, et faire vivre les libraires qu'il accuse d'avoir accentué leur métier sur la vente de papier.

 

La dent dure contre tout ce système, l'éditeur qui « fai[t] le même travail qu'un autre si ce n'est l'impression » porte un regard bienveillant sur les auteurs : un quart des recettes est reversé en droits d'auteur. 

 

Et il se distingue surtout sur l'envie de « prendre des risques », ce qui signifie éditer des auteurs à vrai potentiel littéraire malgré les ventes restreintes. Dans l'industrie numérique aussi une poignée de titres fait le marché : « 35% du chiffre pour 20 titres érotiques ».

 

Tout n'est question que de changer d'habitudes et laisser de côté les croyances.