Papier ou octet : qui fixe le prix de vente d'un livre ?

Clément Solym - 22.04.2012

Lecture numérique - Usages - prix de vente - livre numérique - livre papier


La guerre des chiffres entre éditeurs et consommateurs, avec Amazon en chef d'orchestre ferait presque oublier que le format, ou le contenu, importe moins que le contenant. Le Guardian propose de considérer le temps passé à écrire un livre, car contrairement à ce que les détaillants pensent, la valeur ne serait pas dans l'incarnation du texte, mais dans le temps de l'écriture...

 

Évidemment, en fond culturel, il faut comprendre que c'est le contrat d'agence qui revient, soutenant la réflexion. Dans un pays comme l'Angleterre sans législation sur le prix de vente des livres papier, l'avènement d'un contrat d'agence qui fixe celui des livres numériques, mène à une folie douce. 


Durant Quais du polar, la manifestation lyonnaise, nous avions pu interroger différents auteurs américains. « Nous sommes entre deux feux : d'un côté, protéger notre travail, de l'autre, l'absence de prix unique conditionne l'industrie depuis des années, pour le livre papier. C'est compliqué... et on préférait se consacrer à l'écriture », nous confiait l'une d'entre eux. (voir notre actualitté)

 

 

 

Alors, évidemment, le contrat d'agence en Angleterre pose les mêmes problèmes qu'aux États-Unis : un livre papier, sans prix fixé peut rapidement se retrouver à des tarifs inférieurs à celui du livre numérique. Paradoxe insupportable pour le client, mais surtout, impossible à justifier dans une économie du livre anglo-saxonne qui fonctionne en fait sur deux marchés parallèles. 

 

A lire : Antitrust : le procès du livre numérique aux Etats-Unis

 

Amazon a passé son temps à exercer un lobbying intellectuel et commercial pour démontrer que les livres numériques devaient avoir une valeur moindre et amplement moindre à celle des livres papier. Aujourd'hui, nous en voyons les résultats. Les lecteurs se sont bercés de cette illusion, séduisante de prime abord, alors que les éditeurs savent toujours que, ici ou là-bas, le coût de fabrication à proprement parler d'un livre tourne autour de 1,30 €. 

 

Mais ce n'est pas ce qui compte. La vraie valeur, se retrouverait donc dans les années passées à écrire le livre. 

 

La thèse n'est évidemment pas viable, même si l'on comprend ce qu'elle souhaite défendre. Pour remonter un peu dans le temps, un Blazac rédigeait ses livres à une folle vitesse, pressé par les éditeurs, les créanciers et les autres. Faut-il croire que le temps de l'écriture servait de caution à son talent ou son travail ? Bien entendu...