Koober : en 30 minutes, saisir l'essence et les idées d'un livre

Nicolas Gary - 27.07.2015

Lecture numérique - Acteurs numériques - résumés livres - non fiction - documents essais


L’entreprise Koober a été conçue voilà une dizaine de mois, et s’est officiellement lancée fin juin. Son objectif, raconte Alexandre Bruneau, l’un des trois cofondateurs, est de permettre à ceux qui manquent de temps de profiter malgré tout du contenu de livres. Attention, pas n’importe quel livre : la non fiction, exclusivement. 

 

koober résumé livres non fiction

 

 

« Nous sommes entièrement d’accord avec l’idée qu’un roman, une œuvre littéraire plus généralement doivent être lus. Il y a une recherche de style qui accompagne l’histoire, toute une poétique dans la composition du fond et de la forme. Pour cette raison, nous avons volontairement restreint notre projet aux ouvrages de non fiction. » L’affaire est posée : sur Koober, pas de livres de fiction. En revanche, sciences sociales, développement personnel, société, politique, etc. s'y retrouveront.

 

Le reste s’opère sur un modèle décliné de l’économie collaborative. Les résumés sont produits par des auteurs qui les proposent spontanément. Koober commercialise les résumés, appelés Koob et l’auteur est alors rémunéré sur la base du droit d’auteur.

 

Contrôle des textes et exigence

 

Les contrôles sont alors opérés a posteriori, « mais pour être publiés, les textes doivent passer devant un comité de lecture ». En six mois de recrutement d’auteurs, plus de 50 % des propositions de texte ont été refusées et Koober le revendique comme un gage d’exigence. 

 

« Pour aider les auteurs à écrire leur texte, nous avons mis en ligne un guide des conseils et bonnes pratiques. Il s’agit tout à la fois de comprendre le fonctionnement du site, ainsi qu’un tutoriel pour s’assurer que le document remplit nos attentes », poursuit Alexandre Bruneau.

 

Dans les critères d’exigence premiers, l’orthographe et la syntaxe – « nous sommes intransigeants sur ces points ». Bien évidemment pas de copier-coller : le plagiat sera détecté. La longueur sera comprise entre 25 et 50.000 caractères, pour une raison bien précise. « Selon les études réalisées, nous lisons près de 250 mots par minutes. Et nous voulons que les résumés puissent être lus en moins de 30 minutes. »

 

Tout cela pour s’approprier l’essence du livre, ses grandes orientations ou les idées qu’il développe. Il s’agit d’apporter une préconnaissance, plus qu’une parfaite maîtrise du sujet que développe l’auteur originel.

 

Toutefois, le livre devra figurer dans la base de données sur laquelle s’appuie Koober pour être enregistré. Sur ce point, la société a passé un accord avec Amazon, pour profiter de la base de données du libraire en ligne. Ce qui implique par conséquent de proposer un modèle d’affiliation, avec une exclusivité concédée à Amazon. Passage obligatoire, mais qui finit par entrer dans le modèle économique global.

 

« L’auteur reste totalement libre du choix du livre qu’il veut résumer. Une fois qu’il a rempli toutes les conditions, son texte passe en validation et alors nous lui faisons signer un contrat d’édition, s’il est accepté. Dans le cas contraire, nous essayons de retravailler avec lui – ou nous refusons définitivement. » La rémunération de l’auteur est alors de 50 % du prix hors taxe, auxquels sont soustraits 3 % du prix de vente – les frais de transaction bancaire.

 

 

 

Avec un catalogue de 120 à 130 titres actuellement disponibles, la base de données de Koober va se développer à travers plusieurs pistes. « Le modèle collaboratif est premier, avec des auteurs qui enrichissent la plateforme. Dans le même temps, nous allons produire du contenu en interne, pour assurer une certaine réactivité vis-à-vis de l’actualité. Il s’agit de coller aux publications, pour apporter un supplément de visibilité aux ouvrages. »

 

Et Koober l’affirme : le discours qui accuse les résumés de livres de cannibaliser les ventes est erroné. « Notre objectif est d’accompagner les sorties, et d’augmenter les ventes. Certains lecteurs s’intéresseront au simple résumé, quand d’autres achèteront par la suite l’intégralité du livre. » De ce fait, l’affiliation parie sur la vente immédiate – dans la non fiction, l’achat compulsif semble tout de même optimiste.

 

Les koobs sont vendus à 2 € minimum, le seuil pour que la structure puisse fonctionner. À terme, un outil pourrait fixer un prix de vente automatiquement, selon différents critères comme la notation du livre, le prix de l’ouvrage originel, etc. La suite passera probablement par des accords avec les éditeurs : les résumés s’intégreraient dans une offre où le livre numérique serait pourvu du résumé, et ainsi de suite. 

 

« Nous souhaiterions aussi, dans un temps prochain, collaborer avec les auteurs originaux, pour qu’ils apportent la synthèse de leur propre ouvrage », conclut Alexandre Bruneau. 

 

Bien entendu, l’enrichissement de bases de données pourrait figurer dans les projets, que ce soit pour des sites marchands ou des bibliothèques. Mais d’abord, Koober veut faire ses preuves. Une offre de neuf titres gratuits donnera l’occasion de se faire un premier avis sur le service.

 

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