Pascal Nègre constate les bienfaits de la Hadopi

Clément Solym - 18.01.2012

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Pascal Nègre, fervent défenseur et défenseur fervent de la Hadopi, présente dans Les Echos Son bilan et s'appuie sur Ses chiffres pour tirer un bilan positif du système de protection des œuvres sur l'année 2011.

 

Effets d'annonce ou réelles enquêtes chiffrées ? D'un côté le PDG d'Universal Music France annonce une diminution du nombre d'utilisateurs de peer-to-peer de plus de deux millions, et de l'autre il se réjouit que les sites de streaming et de téléchargement légaux aient accueilli respectivement 800.000 et 1,2 million d'internautes supplémentaires. Et pour lui le lien est évident, « le principe de la Hadopi, c'est une pédagogie pour amener les gens à changer de pratique ». Et ce principe aurait permis un report des internautes des sites pirates vers des sites de téléchargement ou de streaming légaux.

 

Que retenir d'autre de ces chiffres ? A la demande d'internautes incrédules qui se questionnaient sur l'origine des chiffres que Pascal Nègre mettait en avant, il a répondu « Nielsen ! » sans plus de précision. Il n'en fallait pas plus pour que les principaux sites Internet spécialisés dans le numérique affichent immédiatement leur scepticisme, ZDNet dénonçant au passage une « analyse toute personnelle ».

 

France TV a par ailleurs fait une désintox des autres informations distillées par Pascal Nègre, et le résultat n'est pas fameux.

 

Approximations ou erreurs de bonne foi ?

 

Il résulte de cette analyse des erreurs commises de plusieurs points, plusieurs pourcents ou plusieurs milliers. Selon lui « En 2011, en France, le marché de la musique va connaitre une baisse mais elle sera limitée à -3%, -3,5%. On est très loin des -15%, -20% d'il y a quelques années ». Pourtant les chiffres du Syndicat national de l'édition phonographique (Snep) sont moins flatteurs, il a enregistré une baisse de 5,6% rien que sur les neuf premiers mois de l'année 2011.

 

 

Sur le même thème, il considère que « l'an dernier, les ventes de CD reculaient encore d'environ 8% ». Toujours selon les informations de la Snep, il apparait que les ventes physiques chutent en réalité de 12,2% sur les neuf premiers mois de l'année.

 

Bref, nous sommes là en présence d'un PDG qui prêche pour sa paroisse. Mais le plus intéressant reste son idée selon laquelle Hadopi est le seul responsable des chutes de fréquentations sur les sites de peer-to-peer. Une analyse très personnelle donc, mais qui dans l'état actuel des choses ne peut être ni prouvée… ni contredite.

 

Flou artistique autour de l'utilité effective de la Hadopi

 

Les récentes données délivrées par Médiamétrie montrent effectivement une diminution de la fréquentation sur un grand nombre des sites de téléchargements –MegaUpload est le seul rescapé et gagne 4% d'audience entre octobre 2010 et 2011, mais cela reste une faible évolution quand on se reporte à son évolution des années précédentes : sa  fréquentation avait été multipliée par 20 entre Août 2008 et Novembre 2010-. Mais d'un autre côté, il est difficile de faire croire que les personnes qui ont désertés le peer-to-peer se soient reportées en  totalité sur le téléchargement légal ou le streaming.

 

Pcinpact annonce d'ailleurs que même les sites de streaming gratuits « n'ont pas spécialement augmenté leur audience depuis l'année dernière ».

 

Alors efficace, Hadopi ? Nous n'en savons toujours rien et ce n'est pas l'intervention de Pascal Nègre dans Les Echos qui va éclairer tout ça.