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Pédopornographie : Dawn Hawkins part en guerre

Clément Solym - 07.03.2012

Lecture numérique - Tablettes - Dawn Hawkins - pédopornographie - privé


L'auteur Jesse Stay rapportait sur Techcrunch dimanche dernier une histoire assez troublante. Un homme regardait, à bord d'un avion de la compagnie américaine Delta, des images a priori d'ordre pédopornographique sur son iPad, tôt le matin, au vu et au su des autres passagers, ce qui n'a pas manqué de mettre dans tous ses états Dawn Hawkins, directrice du mouvement Porn Harms ('la pornographie est dangereuse'), luttant « contre l'obscénité et l'indécence ».

 

 

 

Cette femme rapporte donc qu'au cours de son voyage en avion, en route pour une conférence sur le lien entre pornographie et trafic du sexe, elle a aperçu un homme, regardant des images pornographiques sur son iPad. Ce n'est pas très fin, tout le monde peut le voir, mais l'homme en question n'en a cure. Passé ce premier choc, Dawn Hawkins (à moitié en larme sur la vidéo postée par Jesse Stay) remarque que les femmes sur ces photos ne sont peut-être que des jeunes filles mineures. « Elles avaient toutes l'air très jeunes », affirme-t-elle. Certaines images ont une mise en scène particulièrement violente.

 

« Won't somebody please think about the children ? »


N'y tenant plus, elle demande à l'homme en question s'il est bel et bien en train de regarder des images pédopornographiques, ce à quoi il répond qu'elle ne peut pas comprendre de quoi il s'agit. Elle se tourne vers un steward et lui demande d'intervenir : il lui dit ne pouvoir rien faire dans ce genre de situation. Elle explique à l'homme à l'iPad que par son comportement, il contribue à l'exploitation de millions de femmes et d'enfants.


Le coup de grâce: une autre passagère se lève et jette à Dawn Hawkins « Taisez vous, tout le monde s'en fiche ». À son arrivée, elle a porté plainte, mais la police ne peut rien faire si, au final, ces photos mettent en scène des adultes et non des enfants.

 

Action, réactions

Perturbée, Dawn Hawkins a donc  tenté de réagir sur un autre front, et posté une vidéo commentée par Jesse Stay. Lui-même s'est ému de cette histoire.

 

« En tant que père, cette histoire m'a effrayé au plus au point », confie-t-il. « Les sites pornographiques (...) ne font pas grand-chose pour éloigner les enfants. (...) Peut-être que je devrais encourager mes enfants à regarder du contenu pornographique ouvertement pour qu'ils élargissent leurs horizons. Est-ce quelqu'un d'autre que moi trouve ça scandaleux ? (...) Pourquoi n'y a-t-il pas plus de personnes à se soucier de me permettre, en tant que parent, de décider comment je veux protéger mes enfants ? Couper internet n'est pas la solution (...) surtout dans un monde où nos enfants sont de plus en plus connectés ».

 

 

La question de l'usage de nos nouveaux outils technologiques, si puissants et si pratiques, se pose donc à travers ce témoignage... qui a par ailleurs trouvé des détracteurs. Certains reprochent à Dawn Hawkins de diaboliser les consommateurs de pornographie. Le message moralisateur de Mme Hawkins (et de Porn Harms dans la même lignée) est de trop.

 

Protéger les enfants passe par différentes actions.


Dawn Hawkins reproche deux choses à cet homme : 1) regarder des images pornographiques, 2) susceptibles de mettre en scène des enfants. L'histoire ne dit pas si cet homme regardait, de fait, des photos pédopornographiques. Le cas échéant, il devra en répondre devant la justice. Par ailleurs, notons que les mangas sont particulièrement concernés par ces problématiques (voir notre actualitté), comme en témoigne la multiplication d'inculpations pour détention d'images de ce genre à caractère pédopornographiques.


Pour le reste, l'histoire montre que l'usage que nous avons de nos petits bijoux de technologies a largement influé sur nos comportements en société. Cet homme ne voyait aucun mal à regarder ces images devant tout le monde : son écran est-il encore un espace privé, si tout le monde peut voir ce qui s'y affiche ? Probablement non. Toute considération morale mise à part, remarquons que notre conception de ce qui peut être vu a lentement évolué... et dérivé, peut-être.

 

La protection des enfants passe donc évidemment par le contrôle relatif des contenus auxquels ils ont accès, mais également à l'image de ces enfants dans les médias. Un rapport vient d'être remis par Chantal Jouanno à la ministre des Solidarités pour lutter contre l'hypersexualisation des enfants dans les médias (voir notre actualitté).

 

Voir l'article sur Techcrunch.