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Pétition : l'opt-out des lecteurs qui refusent de devenir ReLECTEURS

Cécile Mazin - 08.04.2013

Lecture numérique - Usages - registre ReLIRE - opt-out - lecteurs


Les auteurs avaient été les premiers à réagir contre la constitution d'une base de livres indisponibles que l'Etat allait faire numériser. Puis certains éditeurs, de plus en plus nombreux, se sont aperçus de la supercherie, et ont découvert le pot aux roses. Le temps qui allait être perdu dans cette histoire, pour formuler les demandes de retrait, était insensé...

 

 

 

 

Aujourd'hui, ce sont les lecteurs, ou les futurs consommateurs, qui ont décidé de prendre la parole, pour refuser de devenir des ReLECTEURS, ou plus concrètement, les vaches à lait d'un système inique. « Sitôt le registre ouvert à la consultation, la forme du projet n'a fait que renforcer les craintes déjà éveillées par le fond : le piège du système de l'opt-out, si paresseux, si insultant, se resserre à chaque erreur de référencement – et il en fut relevé un nombre édifiant, en l'espace de seulement quelques jours », explique-t-on.

 

Alors certes, une pétition, pour demander que soit respecté le droit des auteurs, en France, cela prête à sourire. Mais c'est un rire jaune que l'on pourra avoir, en comprenant mieux les enjeux de cette numérisation décidée à se passer de l'avis des auteurs et des éditeurs, et des ayants droit, pour parvenir à ses fins. 

 

« Si, en dépit de tous ces appels, ReLIRE et la loi qui l'encadre ne révisent pas leur copie, nous nous ferons un devoir de ne pas ReLIRE : nous refusons d'alimenter la machine aliénante, d'engraisser les abuseurs. » Quant au texte même de la pétition, il suit.

 

Ce qui est particulièrement intéressant, c'est qu'il a été traduit en anglais - mais nous y reviendrons plus tard dans la journée. 

 

Pour signer c'est à cette adresse

 

Pétition adressée à : 

Bibliothèque nationale de France 

Ministère de la Culture et de la Communication 

Commissariat général à l'investissement 

Geoffrey Pelletier, Directeur général de la SGDL 

Élisée Rayer, Assistante de la direction du SNE 

Camille Mofidi, Responsable Numérique et Circuit du Livre au SNE 

SOFIA 

François Coupry, Président de la SOFIA 

ReLIRE : l'opt-out des lecteurs

 

À l'attention des signataires de l'accord-cadre pour la numérisation des livres indisponibles, et des groupes impliqués dans son application :

 

Nous lecteurs, amoureux du livre sous ses diverses formes, conscients et respectueux du statut du créateur, atterrés par les flous, les failles, les vices du projet de numérisation des indisponibles et de son application, nous déclarons que nous ne sommes pas dupes, et refusons d'être complices.

Nous joignons notre voix solidaire à celles, nombreuses, d'auteurs, d'éditeurs et d'autres acteurs du livre, qui se sont élevées pour demander un réexamen de la loi n° 2012-287, en réelle concertation avec les principaux concernés.

Mais nous n'en restons pas là. Si, en dépit de tous ces appels, ReLIRE et la loi qui l'encadre ne révisent pas leur copie, nous nous ferons un devoir de ne pas ReLIRE : nous refusons d'alimenter la machine aliénante, d'engraisser les abuseurs. Nous nous ferons un plaisir d'apporter plutôt notre soutien financier aux écrivains qui s'en iront, leurs œuvres sauvées du désastre sous le bras, bâtir ailleurs de meilleures structures de publication, aux éditeurs qui n'auront pas sacrifié leur sens de l'éthique et de l'esthétique à leur survie économique, aux libraires indépendants qui défendent tous ceux-là. Dans cette même logique, nous saurons nous souvenir des maisons d'édition qui n'hésitèrent pas à trahir leurs auteurs, en prenant avantage du déséquilibre instauré par une loi qui fait leur seul profit : celles-là perdent notre confiance, notre respect, et notre appui financier. Elles verront bien, à l'heure du bilan comptable, si les cadeaux de l'État valent la loyauté des lecteurs.

 

Le prix que cette loi en l'état voudrait nous faire payer à tous pour la numérisation des livres indisponibles du Xxe siècle est aberrant. Mais un public de lecteurs n'est pas un troupeau de consommateurs.

Si le projet ReLIRE se fait, nous nous engageons à ne pas faire vivre ReLIRE : considérez ceci comme notre opt-out en tant que lecteurs. 

 

Et définitivement pour signer, c'est à cette adresse