Peut-on détourner un Boeing 747 avec un Kindle ?

Clément Solym - 02.01.2012

Lecture numérique - Lecteur eBook - avion - électrique - Kindle


Les appareils électroniques sont interdits de séjour durant les phases de décollage ou d'atterrissage d'un avion, parce qu'ils représentent des menaces pour l'électronique embarquée dans l'appareil. De quoi fiche la trouille ? Sauf si l'on apporte la preuve que ce sont des bêtises.

 

C'est ainsi qu'un journaliste du New York Times s'est lancé dans l'aventure, et a embarqué un Kindle avec lui, des instruments fiables de mesure, pour déterminer la quantité de fréquences perturbatrices que le lecteur ebook pouvait émettre. 

 

Et potentiellement tordre le coup aux idées reçues. 

 

À l'occasion d'un vol, pas plané, le journaliste a pu constater que la Federal Aviation Administration y était peut-être allée un peu fort sur les interdictions. C'est que le Kindle et l'iPad doivent être impérativement éteints durant les phases susdites, et American Airlines, ainsi que Boeing, tentait de trouver des solutions pour ne pas vexer leurs clients. 

 

C'est que c'est susceptible, un voyageur américain. 

 

Voici donc notre journaliste avec les outils de mesures que l'Electro Magnetic Test lui a confié. Ce cabinet basé dans la baie de San Francisco est à côté pour contrôler la prise de mesure, là et bien que le courant passe entre eux, la tension ampère empire. 

 

 

Verdict : le Kindle a émis moins de 30 microvolts par mètre en plein usage. Soit, 0.00003 de volt. 

 

Selon les critères de la FAA, les avions sont considérés comme surs à compter du moment où ils supportent 100 volts par mètre. « L'émission d'un Kindle est complètement dérisoire et ne peut en rien interférer avec un avion. C'est si faible, que cela n'a tout simplement, dans l'émission électrique, aucune interférence réelle », explique Jay Gandhi, directeur de EMT Labs. 

 

Un seul, d'accord, mais quid dans ce cas avec des dizaines de Kindles ? Là encore, attention aux idées reçues. Dix Kindle ne diffuseront pas dix fois plus d'émissions électriques. En fait, explique un ingénieur, plus on en ajoute, moins l'intensité augmente. 

 

En 2006, un rapport commandé par la FAA demandait que les personnes embarquées dans l'avion n'allument leurs appareils qu'après le décollage, et avant l'atterrissage. Mais manifestement, on devrait pouvoir repenser ces consignes. 

 

Pas certain, conclut Dave Carson, ingénieur chez Boeing, pour qui la FAA est le royaume de la paresse et de la paranoïa... Ah, bon...

 

Reste qu'en Floride, on propose 15.000 livres numériques à télécharger directement avant le départ de l'aéroport